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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

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Mardi 1 avril
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PB19

LES INHIBITEURS DE LA POMPE A PROTONS A FORTE DOSE DIMINUENT LE RESAIGNEMENT ET LA MORTALITE EN CAS D'HEMORRAGIE DIGESTIVE HAUTE AVEC SIGNES ENDOSCOPIQUES DE GRAVITE. UNE META-ANALYSE

 

(1) M Bardou, (2) Y Touboutni, (3) D Benhaberou, (3) An Barkun, (4) E Rahme
(1) Gastroenterology Unit, Montreal General Hospital, Montréal, Canada
(2) Research Institute
(3) Gastroenterology Unit
(4) Department of Medicine, McGill University, Montréal, Canada


Mots clés :
1 Stratégie Clinique
5 Protection Muqueuse,Cicatrisation
13 Pathologie Acido-Dépendante (Y Compris Ains)


But


Malgré la publication d'un grand nombre d'essais cliniques randomisés sur le traitement des patients ayant une hémorragie digestive haute d'origine ulcéreuse, des controverses existent toujours sur le rôle de la pharmacothérapie, principalement en terme de mortalité. Cette série de méta-analyses regroupe les résultats des études cliniques randomisées ayant évalué l'efficacité de la pharmacothérapie dans cette population de patients à risque.


Méthodes


Une recherche bibliographique à été conduite de janvier 1990 à août 2002. Nous avons effectué une série de méta-analyses sur les essais cliniques donnant des informations sur les taux de resaignement (RS), de chirurgie (C) et de mortalité (M). La pharmacothérapie a été analysée globalement puis divisée en 4 groupes : les inhibiteurs de la pompe à protons IV à forte dose (IPP IV, 80 mg bolus puis, perfusion continue de 6 à 8 mg/h), les IPP à l'exclusion des IPP IV, les antagonistes H2 (anti-H2), la somatostatine et l'ocréotide analysés ensemble. L'analyse utilisant un modèle « random effect » a été effectuée en respectant les schémas de randomisation pour conserver la comparabilité des populations. Les résultats sont exprimés en différence de taux, exprimés en pourcentage, pour chaque critère avec leurs intervalles de confiance à 95 %.


Résultats


Trente études totalisant 3 530 patients à haut risque (Forrest Ia à IIb) ont été inclues dans les méta-analyses. Prise dans son ensemble, la pharmacothérapie diminuait le RS (-12,2 % ; [-16,6 %, -7,8 %]) et la M (-1,9 % ; [-2,6 %, -1,2 %]) comparativement au placebo. L'administration d'IPP IV à dose élevée, le plus souvent au décours d'un traitement endoscopique, diminuait significativement le RS comparativement aux anti-H2 (-20,0 % ; IC 95 % [-21,4 %, -19,0 %]) et au placebo (-15,6 % ; [-16,1 %, -15,1 %]). Les IPP IV étaient également associés à une diminution de la M comparativement au placebo (-2,8 % ; [-4,5 %, -1,1 %]). Comparativement au placebo, le traitement par IPP (toutes modalités d'administration confondues à l'exclusion de la perfusion à haute dose) diminuaient également le RS (-19,7 % ; [-23,4 %, -15,8 %]) et la M (-2,4 % ; [-2,5 %, -2,2 %]). Ni les anti-H2 ni la somatostatine ou l'octréotide n'ont amélioré significativement les taux de RS ou de M.


Conclusion


Cette étude apporte un argument fort pour l'effet bénéfique, en particulier sur la mortalité, des inhibiteurs de la pompe à protons dans la prise en charge des hémorragies digestives hautes non variqueuses. Idéalement, leur utilisation doit se faire par une perfusion à débit constant à haute dose au décours du traitement endoscopique. Des données supplémentaires sont nécessaires pour évaluer la place de IPP administrés à haute dose par voie orale. Les autres traitements pharmacologiques évalués ne semblent pas avoir d'effet bénéfique.


Gastroentérologie clinique & biologique 2003; 27, HS1, 0399-8320

 

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