© SNFGE, 2003
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

Mardi 1 avril 2003
Tronc Commun 5 : Recherche - Biologie
AE0010

LES MANIFESTATIONS PULMONAIRES DU REFLUX GASTRO-ŒSOPHAGIEN SONT INHIBEES PAR LA NOCICEPTINE, UN AGONISTE DU RECEPTEUR ORL1 OU OP4. UNE APPROCHE EXPERIMENTALE

 

(1) C Rouget, (1) YY Cui, (1) E Naline, (1) M Bardou, (1) C Advenier
(1) UPRES EA220, UFR Biomédicale des Saints-Pères, Paris


Mots clés :
7 Reflux Gastrooesophagien
13 Pathologie Acido-Dépendante (Y Compris Ains)
82 Caractérisation Des Récepteurs


But


Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est présent chez près de 30 % des adultes aux USA. Dans le même temps, des symptômes de RGO sont présents chez environ 60 % des asthmatiques, avec des anomalies pHmétriques dans 33 % à 90 % des cas. L'hypothèse d'un réflexe médié par le nerf vague est largement admise. Nos travaux antérieurs suggèrent que l'extravasation de protéines plasmatiques induite dans les voies aériennes (VA) de cobaye par la perfusion intra-œsophagienne d'acide chlorhydrique (HCl i.oe) est principalement liée à la libération de tachykinines. La nociceptine (NC), un ligand endogène du récepteur opioid receptor-like 1 (ORL1 ou OP4), est connue pour avoir des propriétés anti-tussives dans différents modèles animaux. Ces propriétés relèvent d'une inhibition de la libération de tachykinines à un niveau préjonctionnel.


Méthodes


Dans ce travail, nous avons étudié les effets de la NC sur l'extravasation des protéines plasmatiques induite, au niveau des VA, par la perfusion d'HCl i.oe., un modèle de RGO. L'extravasation microvasculaire dans les VA a été évaluée par la mesure de l'extravasation du bleu Evans chez des cobayes prétraités par du propranolol, de l'atropine et du phosphoramidon (inhibiteur de la dégradation des tachykinines).


Résultats


La perfusion d'une solution 1N d'HCl i.oe. était responsable d'une augmentation significative de l'extravasation plasmatique dans les bronches souches (75,5 ± 15,6 vs 8,7 ± 2,3 ng/mg de tissu chez les témoins, p < 0,01) et la trachée (90,9 ± 14,0 vs 24,7 ± 2,0 ng/mg de tissu chez les témoins, p < 0,01). Cette augmentation de l'extravasation a été inhibée de façon concentration-dépendante par la NC (de 0,003 à 0,03 mg/kg iv effet maximal à 0,03 mg/kg). Une inhibition similaire a été obtenue avec la morphine mais à une dose 30 fois supérieure (1 mg/kg) ou après une bi-vagotomie (12,8 ± 1,9 vs 8,7 ± 2,3 et 24,8 ± 10,4 vs 24,7 ± 2,0 ng/mg de tissu pour la trachée et les bronches souches respectivement, NS). Les effets de la NC ont été insensibles à un pré-traitement par un antagoniste morphinique, la naloxone, alors que ceux de la morphine ont été abolis par ce pré-traitement. Dans les mêmes conditions expérimentales, la NC a été sans effet sur l'extravasation induite par la substance P.


Conclusion


Ces résultats suggèrent que l'extravasation plasmatique induite au niveau des VA, dans notre modèle expérimental de RGO, peut être inhibée par la stimulation du récepteur ORL1 par la NC. La NC semble agir en bloquant la libération de tachykinines puisqu'elle était incapable de s'opposer à l'extravasation induite par la substance P. Cette étude confirme l'implication d'un réflexe médié par le nerf vague ainsi que des connections entre œsophage et VA dans les manifestations respiratoires observées dans le RGO.


Gastroentérologie clinique & biologique 2003; 27, HS1, 0399-8320

 

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