© SNFGE, 2003
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

Mercredi 2 avril 2003
ACHBT : Chirurgie Hépato-Bilio-Pancréatique
E0001

EXERESES HEPATIQUES (ET EXTRA-HEPATIQUES) POUR METASTASES DE TUMEURS ENDOCRINES BIEN DIFFERENTIEES (TEBD) : UNE TENTATIVE DE DEFINITION DES INDICATIONS THERAPEUTIQUES

 

(1) D Elias, (1) P Lasser, (1) M Pocard, (2) M Ducreux, (2) V Boige, (3) P Duvillard, (4) C Dromain, (5) E Baudin
(1) Service de Chirurgie Générale, IGR, Villejuif
(2) Service de Gastroentérologie, IGR, Villejuif
(3) Service d'Anatomo-Pathologie, IGR, Villejuif
(4) Service de Radiodiagnostic, IGR, Villejuif
(5) Service de Médecine Nucléaire, IGR, Villejuif


Mots clés :
69 Tumeurs Endocrines
1 Stratégie Clinique
63 Traitement, Pronostic


Rationnel


L'indication et le moment de réaliser une hépatectomie restent controversés en matière de TEBD, considérés généralement comme lentement évolutives. Pourtant, la survie globale des métastases hépatiques (MH) de TEBD n'est que de 22 % à 5 ans (Registre US de 8 305 tumeurs carcinoides [1]).


But


Tenter de préciser les indications et le moment des hépatectomies pour MH de TEBD.


Patients et méthodes


Etude prospective de 47 patients (pts) hépatectomisés dans une optique curative (résection R0 prévue en pré-opératoire). Etude de nouveaux facteurs pronostiques comme la vitesse de croissance tumorale et l'index mitotique. Suivi médian : 61,4 mois.


Résultats


L'hépatectomie était associée à l'exérèse de localisations extra-hépatiques dans 77 % des cas. Seuls 53 % des patients ont pu avoir une résection R0, même si au moins 97 % de la masse tumorale a été retirée dans tous les cas. Nombre moyen de MH réséquées par pt : 7,4 (ET : 5, extr. : 1-42). Plus de 10 MH ont été réséquées chez 30 % des pts. En raison d'une chirurgie lourde (durée > 5 h dans 83 % des cas), la mortalité a été de 4,7 % et la morbidité de 45 %. La médiane de survie des 47 pts était de 91 mois, et les survies globales à 5 et 10 ans de 71 % et 35 % respectivement. A 10 ans, 75 % des patients présentaient une récidive hépatique. Aucun facteur pronostique n'était corrélé à la survie globale. Par contre, une résection R1-R2, la localisation bilatérale des MH, plus de 10 MH, et une origine pancréatique, diminuaient significativement la survie sans récidive. La vitesse de croissance tumorale, l'index mitotique et l'expression du Ki67 n'avaient pas d'impact pronostique dans cette courte série. Aucune différence notable n'a été retrouvée entre les 20 pts qui ont récidivé dans les 3 ans suivant l'hépatectomie et ceux qui n'ont pas récidivé durant cette période.


Conclusion


Cette courte série (la deuxième mondiale cependant) plaide en faveur d'une efficacité des hépatectomies dans les TEBD. Elles sont indiquées lorsque la totalité des lésions intra et extra-hépatiques semble réséquable en pré-opératoire. Le nombre, la taille et le siège des MH sont moins importants que le caractère complet ou quasi complet de l'exérèse.

1. Modlin et al. Cancer 1997 ; 79 : 813-24


Gastroentérologie clinique & biologique 2003; 27, HS1, 0399-8320

 

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