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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

mardi 6 avril 2004
Poster


Comparativement au paracétamol, les inhibiteurs spécifiques de la cyclooxygénase de type 2, rofécoxib et célécoxib, n'augmentent pas le risque digestif chez les patients prenant de l'aspirine à faible dose

E Rahme(1) , AN Barkun(2) , Y Toubouti(3) , M Hudson(3) , M Bardou(4)

(1) Département d'Epidémiologie Clinique, Hôpital Général, McGill, Montréal, Canada
(2) Département de Gastroentérologie, Centre Universitaire de Santé, McGill, Montréal, Canada
(3) Institut de Recherche, Hôpital Général, McGill, Montréal, Canada
(4) Unité de Pharmacologie Clinique, CHU De Dijon, Dijon


Mots clés :
3 Epidémiologie (Sauf Cancer)
5 Protection Muqueuse,Cicatrisation
13 Pathologie Acido-Dépendante (Y Compris Ains)


 Introduction

La toxicité digestive est un des principaux risque des anti-inflammatoires non stéroïdiens non sélectifs (AINS), en particulier chez les sujets âgés prenant de l'aspirine à faible dose à visée cardiovasculaire. Au Québec, le paracétamol est remboursé chez les sujets âgés quand il est prescrit pour l'arthrose ou la douleur. La toxicité digestive des inhibiteurs de la cyclooxygénase de type 2 (COX-2), rofécoxib et célécoxib (Coxib), lorsqu'ils sont utilisés de façon concomitante à l'aspirine à faible dose, est mal connue. Cette étude avait pour objectif de comparer les taux d'hospitalisation en gastro-entérologie des patients prenant de l'aspirine en association avec un coxib ou du paracétamol.

 

 

 Matériels et Méthodes

Nous avons obtenu les données démographiques, médicales et pharmaceutiques des patients âgés de 65 ans et plus prenant du rofécoxib, célécoxib ou paracétamol en 2001 et 2002 à partir de la base de données de la Régie de l'Assurance Maladie du Québec (RAMQ). Les patients étaient suivis depuis la date de leur première prescription (date index) d'une de ces trois molécules. Seuls les patients prenant en même temps de l'aspirine à la date index (nouvelle prescription ou traitement en cours) ont été inclus. Les patients ayant eu une prescription pour une des trois molécules ou pour un AINS en 2000 ont été exclus, de même que ceux ayant un cancer. Tous les patients ont été suivis pendant 90 jours après la date index. Une régression logistique a été utilisée pour comparer les taux d'hospitalisation en gastro-entérologie et d'utilisation de gastro-protecteurs dans les trois groupes.

 

 

 Résultats

Un total de 29 159 patients prenaient de l'aspirine en même temps qu'une des trois molécules de l'étude, dont 12 879 patients prenant du paracétamol, 9 708 du rofécoxib et 7 202 du célécoxib. Les patients sous paracétamol étaient plus âgés, avaient plus de jours d'hospitalisation avant la date index et avaient une fonction rénale plus altérée. La régression logistique montrait que les patients ≥ 75 ans, ceux prenant des corticoïdes ainsi que ceux ayant des antécédents digestifs avaient un risque accru d'hospitalisation (OR : 2,1 ; IC 95% : 1,4-3,1 ; 1,5, 1,0-2,2 et 1,7, 1,3-2,3 respectivement). Ce risque était identique pour les patients prenant du rofécoxib ou du célécoxib avec de l'aspirine par rapport à la prise de paracétamol et d'aspirine (0,89 ; 0,69-1,15 et 0,83 ; 0,63-1,09 respectivement). La prescription d'un gastro-protecteur durant le suivi n'était pas plus fréquente avec le rofécoxib (1,04 ; 0,97-1,12) ou le célécoxib (0,97 ; 0,90-1,04) qu'avec le paracétamol.

 

 Conclusion

Cette étude montre que chez les patients prenant de l'aspirine à faible dose, l'utilisation concomitante de rofécoxib ou de célécoxib n'augmente pas le risque d'hospitalisation en gastro-entérologie par rapport à l'utilisation de paracétamol.

 

 


 

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