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Prescription d'une gastroprotection au cours des traitements par anti-inflammatoires non stéroïdiens : Attitudes en médecine générale
F Liard(1) , P Goupille(2) , S Rozenberg(3) , Z Hassani(4) , S Bruley des Varannes(5) (1) Cabinet Médical, 72 Grande rue, St Epain (2) Service Rhumatologie, CHU Bretonneau, Tours (3) Service Rhumatologie, CHU Pitié, Paris (4) Takéda, 11-15 Quai de Dion Bouton, Puteau (5) Service Hépato-Gastroentérologie, CHU Hôtel Dieu, Nantes Mots clés :
IntroductionAu cours des traitements par les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), les manifestations digestives sont fréquentes et potentiellement graves. Ces risques sont parfois à l'origine d'une co-prescription d'agents gastroprotecteurs (GP) à visée préventive, en particulier d'inhibiteurs de la pompe à proton. En réalité, en l'absence de recommandations officielles, les attitudes restent difficiles à codifier. Le but de cette étude a été d'analyser les éléments qui conduisaient, en pratique courante de médecine générale, à la prescription d'un GP lors d'un traitement par AINS.
Matériels et MéthodesUn échantillon de 1 777 médecins généralistes français, constitué par la méthode des quota régionaux, a permis d'inclure sur une période d'une semaine 20 993 patients adultes relevant d'une prescription d'AINS. Deux groupes ont été individualisés selon la co-prescription d'un GP (groupe GP+) ou non (groupe GP-). Les caractéristiques des patients et les motivations de l'éventuelle co-prescription ont été recueillies à l'aide d'un questionnaire standardisé. Ce questionnaire recherchait notamment la présence d'un (ou plusieurs) facteur de risque identifié (FRI) dans la littérature (âge > 65 ans, antécédent d'ulcère digestif ou de complication, aspirine, anticoagulant ou corticoïdes).
RésultatsLes patients du groupe GP+ (n = 7 072) étaient significativement plus âgés (55,7 ± 14,9 ans) que ceux du groupe GP- (n = 13 921 ; 46,2 ± 17 ans ; p < 0,02). Les prescriptions pour des pathologies de type rhumatismes inflammatoires, lombalgies et/ou lombosciatiques et arthrose étaient significativement plus fréquentes dans le groupe GP+ (p < 0,01). En revanche, les prescriptions pour des tendinopathies, des pathologies ORL ou gynécologiques étaient plus fréquentes dans le groupe GP- (p < 0,01). La prescription d'un GP était associée à au moins un FRI dans 41,2 % des cas. Chez les patients ayant eu un GP sans FRI, 78,9 % avaient au moins un des antécédents digestifs suivants : dyspepsie non ulcéreuse, dyspepsie sous AINS, reflux gastro-oesophagien. Au total, 92,3 % des prescriptions d'AINS pour les patient du groupe GP+ étaient associées à des FRI et/ou à des antécédents symptomatiques digestifs. Parmi les patients GP-, 27,3 % avaient au moins un FRI.
ConclusionChez plus de 9 patients sur 10 traités par AINS, la co-prescription d'un GP est associée à la présence de FRI (41,2 %) et/ou d'antécédents symptomatiques digestifs. Cependant, lors des prescriptions d'AINS sans GP, plus d'un quart des patients devraient avoir une GP en raison d'au moins un FRI. Cette étude montre la nécessité d'établir des recommandations plus précises concernant la prescription d'un GP lors des traitements par AINS. Enfin, des études complémentaires devront préciser si les prescripteurs intègrent d'autres éléments (durée prévisible, qualité de vie des patients, observance, pathologies associées.).
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