Résumé selectionné |
||||
|
||||
Evaluation de la prise en charge des patients dyspeptiques en médecine générale en France : Pas de recherche d'Helicobacter pylori, peu d'endoscopie, y compris lorsqu'elle est recommandée
A Charachon(2) , I Etienney(2) , A Flahault(1) , JC Soulé(2) (1) Réseau Sentinelles, INSERM U444, Faculté de médecine - Saint Antoine, Paris (2) Service d'Hépato Gastroentérologie, CHU Bichat - Claude Bernard, Paris Mots clés :
ObjectifLe but de l'étude était d'évaluer la prise en charge des patients dyspeptiques par les médecins généralistes en France et d'évaluer le recours à la recherche d'Helicobacter pylori dans cette prise en charge.
Patients et MéthodesTrois cent trente et un patients consultant un médecin généraliste du réseau « Sentinelles » pour un premier épisode de dyspepsie, définie comme une douleur ou un inconfort de la partie supérieure de l'abdomen, ont été inclus entre le 19 février et le 1er juillet 2001. Les données socio-démographiques et cliniques, ainsi que les modalités de la prise en charge initiale ont été recueillies sur un questionnaire rempli par le médecin généraliste au cours de la première consultation. Les médecins ayant répondu ont ensuite été appelés par téléphone pour obtenir les données de suivi à 6 mois, disponibles pour 185 patients ayant reconsulté.
RésultatsLa recherche d'Helicobacter pylori par un test non invasif n'a jamais été réalisée. Pour une dyspepsie apparue après 45 ans, ou en présence d'au moins un signe d'alarme, ou en cas de prise d'aspirine ou d'anti-inflammatoires non stéroïdiens, le pourcentage d'endoscopies osogastroduodénales réalisée était de 26,5 % dont les deux tiers prescrites à la première consultation. Pour 34 % de ces endoscopies, des lésions muqueuses bénignes pouvant expliquer les symptômes étaient retrouvées. En l'absence de signe d'alarme et de prise d'aspirine ou d'anti-inflammatoires non stéroïdiens et pour un âge inférieur à 45 ans, 92 % des patients ont eu un traitement empirique initial, 8 % une endoscopie haute initiale et 4% une endoscopie haute après échec du traitement empirique (1 endoscopie montrant des lésions bénignes).
ConclusionLa prise en charge des patients dyspeptiques, en France, par les médecins généralistes, ne tient pas compte du rôle de l'infection à Helicobacter pylori dans la pathologie organique gastro-duodénale. Le recours à l'endoscopie haute est faible pour tous les patients. En particulier, ce recours n'est pas adapté au risque d'une cause organique aux symptômes des patients prenant de l'aspirine ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou présentant des signes d'alarme, ou âgés de plus de 45 ans. Le traitement empirique est l'attitude de prise en charge la plus choisie par les médecins généralistes pour leurs patients quelque soit le risque d'une cause organique à leurs symptômes.
|
| ©
SNFGE, |