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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

mercredi 7 avril 2004
Poster


Le mycophénolate mofetil induit des atrophies villositaires duodénales sévères

P Faure(1) , S Yahyaoui(2) , N Kamar(2) , O Cointault(2) , E Dupuis(1) , D Durand(2) , J Moreau(1) , L Rostaing(2)

(1) Service de Gastroentérologie et nutrition, CHU Rangueil, Toulouse
(2) Service de Néphrologie, Dialyse et Transplantation, CHU Rangueil, Toulouse


Mots clés :
15 Physiopathologie De La Diarrhée
17 Malabsorption
49 Immunité Muqueuse, Mécanismes De Défense De L'hôte


 Introduction

Chez les transplantés rénaux, la diarrhée et la leucopénie sont les principaux effets secondaires du mycophénolate mofétil (MMF). Le mécanisme de cette diarrhée demeure inconnu.

 

 

 Observation

Nous rapportons 8 observations de transplantés d'organes (7 rénaux et 1 cardiaque) ayant présenté une diarrhée sévère qui a permis de mettre en évidence une atrophie villositaire duodénale. La diarrhée est apparue en moyenne 10,4 mois (1,5 - 26) après l'initiation du traitement par MMF administré à la dose quotidienne médiane de 1,5 g (1 - 2). Tous les patients avaient 5 à 10 selles liquides par jour et une perte de poids moyenne de 7 kg (4 - 12). La plupart des patients présentaient des signes biologiques de malabsorption : hypocalcémie, hypophosphorémie, hypocholestérolémie, hypoalbuminémie, anémie macrocytaire et déficit en vitamine B12. Les taux de leucocytes et de polynucléaires neutrophiles étaient normaux. Les coprocultures, les examens parasitologiques des selles et la recherche de Clostridium difficile étaient négatifs. Aucun patient n'était porteur de cytomégalovirus ni dans les entérocytes, ni dans le sang. L'endoscopie digestive haute pouvait retrouver un aspect d'atrophie villositaire duodénale confirmée par l'examen anatomo-pathologique chez tous les patients. L'atrophie villositaire était sévère dans 3 cas (grade 3 - 4) avec augmentation de l'infiltration lymphocytaire intra-épithéliale dans 2 cas. 3 patients étaient porteurs d'anticorps anti-gliadine et 2 d'anticorps anti-transglutaminase. Aucun patient n'était porteur d'anticorps anti-endomysium. Six patients étaient HLA DQ2. Chez tous les patients, la diarrhée a disparu au cours du mois ayant suivi l'arrêt (n = 5) ou la diminution (n = 1) du MMF, sans suivre de régime sans gluten. Plus tard, les anticorps anti-gliadine ont été recherchés chez 2 des 3 patients et avaient disparu. Cinq patients ont bénéficié d'une fibroscopie de contrôle qui s'est avérée normale.

 

 Conclusion

En conclusion, l'atrophie villositaire induite par le MMF pourrait être un des mécanismes de la diarrhée. Cette observation laisse suggérer que chez certains patients le MMF peut être responsable de « maladie coliaque like ». Il est donc indispensable de différencier la maladie coliaque de l'atrophie villositaire induite par le MMF, car dans ce cas le régime sans gluten n'est pas nécessaire.

 


 

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