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La prolyl-endopeptidase est-elle efficace dans la digestion in vitro de peptides de la gliadine toxiques dans la maladie coliaque ?
T Matysiak-Budnik(3) , C Candalh(3) , C Dugave(1) , C Cellier(2) , N Cerf-Bensussan(3) , M Heyman(3) (1) Laboratoire DIEP, CEA, Saclay, Gif Sur Yvette (2) Service de Gastroentérologie, HEGP, Paris (3) INSERM EMI-0212, Faculté Necker, Paris Mots clés :
IntroductionContexte : La prolyl-endopeptidase (PEP) a été récemment décrite comme une enzyme capable de digérer les peptides de la gliadine responsables de la toxicité du gluten pour la muqueuse intestinale des malades coliaques, et de ce fait proposée comme traitement potentiel de la maladie coliaque (MC). Le but de cette étude a été d'étudier la digestion par la PEP, in vitro, d'un peptide toxique (31-49) et d'un peptide immunostimulant 56-89 (33-mer) de la gliadine, ainsi que le rôle adjuvant des enzymes de la bordure en brosse intestinale (BB) dans cette digestion.
Matériels et MéthodesLes peptides radiomarqués sur les résidus proline (3H-peptide 31-49 ou 3H-33-mer) ont été incubés à 37 °C en présence de PEP utilisée à faible (0,04 mU/ml) ou forte (20 mU/ml) concentration. La cinétique de la digestion a été étudiée de 10 min à 4 h et la dégradation des 3H-peptides a été analysée par radio-RP-HPLC. Le rôle facilitateur des enzymes de la BB a été étudié en utilisant des biopsies duodénales provenant d'un témoin non-coliaque, incubées pendant 3 h en chambre d'Ussing en présence du 33-mer et de la PEP, placés simultanément dans le compartiment muqueux des biopsies.
RésultatsEn présence de PEP à faible concentration, le peptide 31-49 a été dégradé d'une manière progressive en fonction du temps (10 % de peptide dégradé après 10 min et 50 % après 4 h), alors que le 33-mer est resté intact jusqu'à 24 h. En présence de PEP à forte concentration, le peptide 31-49 a subit une faible digestion après 10 min (20 % de peptide dégradé) suivie d'une dégradation totale après 1 h. Le 33-mer a été digéré de manière progressive mais plus lente (10 %, 50 % et 100 % de peptide digéré après 10 min, 1 h et 4 h, respectivement). La digestion du 33-mer a conduit à la production de fragments peptidiques dont le temps d'élution chromatographique (> 20 min) est proche de celui d'un plus court peptide 57-68 immunostimulant, suggérant qu'ils pourraient avoir conservé leurs propriétés immunogènes. L'incubation du 33-mer dans le compartiment muqueux de biopsies duodénales en présence de PEP à forte (mais pas à faible) concentration, a conduit à une dégradation plus complète du 33-mer par rapport aux conditions in vitro, car 36 % de la quantité totale de 33-mer a été retrouvée sous forme de proline (dégradation complète). Cependant, 52 % des produits de dégradation sont restés sous forme de fragments peptidiques dont la taille est compatible aux propriétés immunogènes.
ConclusionLe peptide 33-mer est plus résistant à la dégradation par la PEP que le peptide 31-49. Sa digestion reste incomplète même en présence des enzymes de BB puisque des peptides potentiellement immunogènes sont libérés. Ces résultats suggèrent une action limitée de la PEP dans la détoxification des peptides actifs de la gliadine.
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