© SNFGE, 2005
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

mardi 5 avril 2005
Communication Orale


Dimorphismes des enzymes antioxydantes mitochondriales et surcharge hépatique en fer : rôles dans le développement du carcinome hépatocellulaire

P Nahon (1); A Sutton (1); P Rufat (2); M Ziol (1); D Vidaud (3); A Poiré (1); N Barget (1); N Ganne-Carrie (1); N Charnaux (1); F Degoul (4); D Pessayre (2); JC Trinchet (1); L Gattegno (1); M Beaugrand (1);

(1) Bondy - FRANCE
(2) Paris - FRANCE
(3) Clichy - FRANCE
(4) Clermont-Ferrand - FRANCE


Mots clés :
60 Biologie Moléculaire, Génétique
71 Foie, Voies Biliaires
61 Prolifération, Carcinogenèse

Rationnel

Chez les malades atteints de cirrhose alcoolique, le risque de développer un carcinome hépatocellulaire (CHC) diffère d'un sujet à l'autre, possiblement en raison de facteurs génétiques. Deux polymorphismes génétiques altérant les deux enzymes antioxydantes mitochondriales, la superoxyde dismutase à manganèse (MnSOD) et la glutathion peroxydase (GPx1), ont été étudiés. La MnSOD transforme l'anion superoxyde en peroxyde d'hydrogène (H2O2), qui est transformé en eau par la GPx1. S'il n'est pas dégradé, l'H2O2 pourrait : a) induire le récepteur de la transferrine et augmenter le fer hépatique et b) réagir avec ce fer pour former le radical hydroxyle, génotoxique.

 

Patients et Méthodes

Dans une cohorte de 183 patients alcooliques ayant une cirrhose sans CHC à l'inclusion et suivis prospectivement pour le dépistage du cancer, les génotypes associés à ces deux enzymes, dont les conséquences fonctionnelles sont déjà connues, ont été déterminées après extraction d'ADN, PCR et RFLP. La teneur hépatique en fer a été déterminée sur la biopsie hépatique initiale selon un score semi-quantitatif.

 

Résultats

Les cirrhotiques ayant à la fois deux allèles Val-MnSOD (faible production d'H2O2) et deux allèles Pro-GPx1 (forte élimination de l'H2O2) sont protégés du risque de développer un cancer (test de tendance de Mantel-Haenszel : 0,008 ; Log rank : 0,0002). Chez ces sujets 2Val-MnSOD/2Pro-GPx1, l'incidence d'un CHC est de 0 % (0/24) contre 23 % (5/22), 36 % (20/26) et 39 % (26/70), chez les sujets 2Val-MnSOD/1ou2Leu-GPx1, 1ou2Ala-MnSOD/2Pro-GPx1, 1ou2Ala-MnSOD/1ou2Leu-GPx1, ces derniers ayant au contraire à la fois une forte production et une faible élimination d'H202. Le pourcentage de malades avec du fer hépatique décelable par la coloration de Perls augmente parallèlement selon ces génotypes : 22 %, 28 %, 50 %, et 53 %, respectivement (test de tendance : 0,0054), et la présence de fer décelable est un facteur de risque du CHC (Log rank : 0,0002, RR : 3,40). Par contre, les malades de ces quatre groupes génotypiques ne diffèrent pas pour l'âge, le sexe, le score de Child-Pugh, la consommation initiale d'alcool ou le pourcentage de sujets abstinents en fin d'étude.

 

Conclusion

Nos résultats suggèrent que, chez le cirrhotique alcoolique, l'H2O2  pourrait jouer un rôle fondamental dans la cancérogénèse hépatique, d'une part en augmentant la teneur hépatique en fer et d'autre part, en réagissant avec ce fer, pour former le radical hydroxyle, toxique et mutagène.

 

 

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