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Etude des facteurs altérant l'aptitude aérobie maximale (VO2max) au cours de la cirrhose
S Dharancy (1); L Lemyze (1); R Neviere (1); N Declerck (1); S Robin (1); S Truant (1); V Canva (1); FR Pruvot (1); JC Paris (1); P Mathurin (1); B Wallaert (1); (1) Lille - FRANCE Mots clés : 43 Cirrhose 57 Métabolisme | ||||
Introduction
Le comportement à l'effort du cirrhotique est mal connu. La VO2 max est la véritable intégration du devenir de l'oxygène de la bouche à la mitochondrie. Elle reflète l'aptitude physique d'un patient. Une VO2 max de 20 mL/kg/mn signifie que le patient ne peut pas tenir au delà d'une minute, comme effort maximal, une marche à vitesse normale (4-5 km/h). Notre objectif a été d'étudier les caractéristiques de l'aptitude aérobie maximale (VO2 max) du patient cirrhotique et les facteurs influençant son altération.
Patients et Méthodes
Entre janvier 2002 et juin 2004, les patients cirrhotiques, candidats à une transplantation hépatique ont bénéficié systématiquement d'une mesure de la VO2 max au cours d'une épreuve d'effort (EE) maximale sur bicyclette ergométrique. Les variables prédictives connues (cliniques et anamnestiques) de l'altération la VO2 max et celles de l'insuffisance hépatique ont été analysés en univarié par les tests de 2, de Kruskal-Wallis et Bonferonni et en multivarié par le test de régression multiple.
Résultats
Cent cinquante cinq patients consécutifs, candidats à une TH, ont bénéficié d'une mesure de leur VO2 max. La cirrhose était d'origine alcoolique dans 70 % des cas et virale C dans 15 % des cas. L'EE était maximale et interprétable pour 130 patients (85 % des cas), âgés de 51 ± 9 ans. Quatre-vingt neuf pourcent des patients présentaient une altération de l'aptitude aérobie, définie par une VO2 max 84 % de la VO2 max prédite, dont 80 % d'altération sévère (VO2 max < 20 mL/kg/min). En analyse univariée, les facteurs associés à une altération significative de la VO2 max étaient le score de Child-Pugh (Child C vs Child A-B, 53,4 % vs 69 %, p < 0,000001, Child B-C vs A, 56 % vs 73,5 %, p < 0,000001), l'anémie (51 % vs 67,1 %, p < 0,000001), l'étiologie alcoolique de la cirrhose (53,4 % vs 69 %, p < 0,000001), le tabagisme (55,5 % vs 67,5 %, p = 0,0002) et la présence d'une ascite (52,8 % vs 65 %, p = 0,0004). En revanche, le traitement -bloquant pris par 57 % des patients n'influait pas la VO2 max (60,1 % vs 62,1 %, NS). En analyse multivariée, les variables prédictives indépendantes étaient le score de Child-Pugh (coefficient de régression à - 10,31 ; IC : 95 % ; -16,9 à -3,7 ; p = 0,003), l'anémie (coefficient de régression à - 9,18 ; IC : 95 % ; -15,1 à -3,2 ; p = 0,003) et le tabagisme (coefficient de régression à - 8,8 ; IC : 95 % ; - 14,3 à - 3,27 ; p = 0,002). Le modèle combinant les variables était hautement prédictif de la VO2 max (p = 0,00001) et expliquait 38 % de la variabilité de celle-ci.
Conclusion
Il existe une profonde altération des performances à l'exercice chez la majorité des patients cirrhotiques. Les variables prédictives indépendantes de la VO2 max sont le score de Child-Pugh, l'anémie et le tabagisme. Quatre vingt pourcent des patients cirrhotiques sont incapables de marcher à vitesse normale (4-5 km/h) pendant plus d'une minute. Cette impotence fonctionnelle, largement sous-estimée, peut être objectivée par la mesure de la VO2 max.
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