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Marqueurs endoscopiques de l'atrophie villositaire. Evaluation chez des patients à risque de maladie cœliaque et des patients dyspeptiques : une étude contrôlée.
S Lecleire (1); F Di Fiore (1); M Antonietti (1); G Savoye (1); E Lerebours (1); P Ducrotté (1); (1) Rouen - FRANCE Mots clés : 12 Dyspepsie 91 Diagnostique 96 Estomac - Duodénum | ||||
Introduction
La sensibilité des marqueurs endoscopiques (ME) de l'atrophie villositaire (AV) dans le dépistage de la maladie cœliaque (MC) a été estimée entre 50 et 95 % chez des malades aux symptômes évocateurs de MC. La sensibilité de ces ME n'a jamais été évaluée chez les malades présentant des symptômes frustes de MC tel un syndrome dyspeptique isolé. Le but de l'étude était d'évaluer dans une étude prospective et contrôlée la corrélation entre les quatre principaux ME duodénaux de la MC et l'AV histologique chez des malades aux signes évocateurs de MC et chez des malades dyspeptiques.
Patients et Méthodes
Les patients inclus étaient répartis en trois groupes : 1/ un groupe de patients "à risque" de MC présentant une diarrhée chronique et/ou une anorexie avec une perte de poids supérieure à 10 % et/ou une anémie ferriprive sans extériorisation hémorragique et avec coloscopie normale ; 2/ un groupe de patients dyspeptiques selon les critères de Rome II ; 3/ un groupe de volontaires sains. Pour tous les patients, une duodénoscopie avec trois biopsies dans le second duodénum était réalisée. Les ME suivants de la MC étaient recherchés : 1) la réduction ou l'absence de valvules conniventes ; 2) l'indentation du plissement duodénal ; 3) l'aspect en mosaïque de la muqueuse duodénale ; 4) l'aspect micronodulaire de la muqueuse duodénale. L'histologie recherchait une AV selon la classification de Marsh ; le nombre de lymphocytes intra-épithéliaux ; une augmentation de la hauteur des cryptes.
Résultats
Cent soixante-cinq patients ont été inclus dans l'étude : 60 patients à risque de MC selon notre définition (sex ratio : 0,7 ; âge moyen : 51 ans) ; 80 patients dyspeptiques (sex ratio : 0,6 ; âge moyen : 47 ans) ; 25 volontaires sains (sex ratio : 0,7 ; âge moyen : 27 ans). 1/ Chez les patients à risque de MC, trois malades présentaient deux ME et 8 autres un unique ME. L'histologie confirmait une AV totale chez cinq de ces malades. La sensibilité (Se) des ME de la MC était de 100 % dans ce groupe ; spécificité (Sp) = 92 % ; valeur prédictive positive (VPP) = 45 % ; valeur prédictive négative (VPN) = 100 %. 2/ Chez les patients dyspeptiques, un ME isolé était retrouvé chez trois malades (3,7 %), sans confirmation histologique. Un malade non détecté à l'endoscopie présentait une AV partielle à l'examen histologique (1,25 %). 3/ Chez les volontaires sains, aucun ME de la MC n'était retrouvé et l'histologie était normale pour tous. 4/ Les ME de la MC avaient une Se globale de 83,3 %, une Sp de 96 %, une VPP de 36 % et une VPN de 99 %.
Conclusion
Les ME de la MC permettent de dépister la MC au cours de l'endoscopie haute chez les malades présentant des symptômes évocateurs de MC avec une Se de 100 %. En revanche, la MC ne peut être dépistée par les ME chez les patients dyspeptiques, qui devraient par conséquent bénéficier de biopsies duodénales systématiques pour le dépistage de la MC lors de la gastro-duodénoscopie.
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