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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

mardi 5 avril 2005
Communication Orale


Prise en charge des séquelles fonctionnelles des résections rectales pour cancer : peut-on améliorer la continence et la qualité de vie ?

C Laurent (1); D Benajah (1); F Bretagnol (1); D Bourgeyx (1); E Rullier (1); F Zerbib (1);

(1) Bordeaux - FRANCE


Mots clés :
21 Pathologie Anorectale
63 Traitement, Pronostic
79 Côlon Et Anorectum

Introduction

Les résections rectales pour cancer du bas rectum sont responsables de séquelles fonctionnelles invalidantes, en particulier l'incontinence fécale (IF), qui retentissent de manière significative sur la qualité de vie des patients. La prise en charge de ces séquelles n'est pas codifiée et n'a jamais fait l'objet d'une évaluation prospective. Le but de cette étude était d'évaluer les résultats de la prise en charge des séquelles fonctionnelles des résections rectales pour cancer en termes de continence anale et de qualité de vie.

 

Patients et Méthodes

Depuis janvier 2003, ont été inclus dans une étude prospective monocentrique des patients consécutifs avec IF dans les suites d'une résection rectale basse pour cancer. La prise en charge était proposée après un délai minimum de 6 mois après le rétablissement de continuité et en l'absence de sténose anastomotique. Dans tous les cas, le traitement médical de première intention avait pour but de favoriser la vidange colique (arrêt des ralentisseurs du transit, mucilages, lavements évacuateurs). En cas d'échec, les ralentisseurs du transit et/ou un régime sans résidus étaient proposés. Tous les patients ont bénéficié en parallèle d'un programme de rééducation périnéale par biofeedback (minimum 5 séances). Les scores de continence (Jorge et Wexner) et de qualité de vie (FIQL) ainsi que la fonction sphinctérienne (manométrie) ont été évalués en début et en fin de prise en charge.

 

Résultats

Au total, 25 patients (11 femmes), d'âge moyen 62 ans (extrêmes 43-79) ont été inclus dans un délai moyen de 20,5 mois (extrêmes 6-84) après la résection rectale ; 14/25 (56 %) avaient eu une résection intersphinctérienne (RIS) et 23/25 une radiothérapie préopératoire. Une IF était présente dans 100 % des cas, des impériosités dans 68 % des cas, une fragmentation des selles dans 88 % des cas, un régime alimentaire dans 56 % des cas. En fin de prise en charge (délai moyen 7,1 mois), 11/22 (50 %) patients étaient continents (3 perdus de vue). Le nombre médian de selles par 24 heures avait diminué (2,2 vs 4,0 ; p = 0,005), de même que le score de continence (7,0 ± 3,0 vs 10,2 ± 1,9 ; p = 0,00001). Trois des 4 dimensions du score de qualité de vie FIQL étaient améliorés : mode de vie (p < 0,005), comportement (p < 0,01) et gêne vis-à-vis des autres (p < 0,008). En manométrie, la durée de la contraction volontaire était allongée après biofeedback (19 vs 11 secondes, p < 0,01), sans modification de la pression de repos et de l'amplitude de la contraction volontaire. Les résultats étaient similaires dans le sous-groupe de patients avec RIS. Une colostomie définitive a été réalisée chez 1 patient après échec de la prise en charge médicale et chirurgicale (myorraphie) de l'IF.

 

Conclusion

Dans notre expérience, la prise en charge des séquelles fonctionnelles des résections rectales basses pour cancer repose sur un traitement médical personnalisé et la rééducation périnéale par biofeedback. Elle améliore la qualité de vie et permet de restaurer une continence normale chez 1 malade sur 2. Cette prise en charge doit être organisée parallèlement au suivi carcinologique.

 

 

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