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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

mardi 5 avril 2005
Poster


Facteurs prédictifs de l'évolution d'un épisode hémorragique d'origine diverticulaire colique.

F Heluwaert (1); J Pofelski (1); C de Traversay-Leroy (1); V Leroy (1); B Bonaz (1); X Roblin (1);

(1) Grenoble - FRANCE


Mots clés :
94 Hémorragie Digestive
1 Stratégie Clinique

Introduction

Aucun facteur n'est clairement identifié pour évaluer la gravité potentielle d'une hémorragie diverticulaire colique (1). L'objectif de notre travail a été d'identifier des facteurs prédictifs de l'évolution de ce type d'hémorragie digestive.

 

Patients et Méthodes

Cent trente hémorragies diverticulaires : 116 probables (coloscopie totale exhaustive sans autre lésion potentiellement hémorragique hormis la diverticulose) et 14 certaines (localisation certaine du site hémorragique) ont été identifiées sur la base de 1 145 patients consécutifs hospitalisés dans notre structure d'accueil d'hémorragie digestive entre janvier 1997 et juillet 2004. Nous avons défini 3 groupes permettant d'évaluer nos patients. Un 1er définissant des hémorragies bénignes (absence de choc, absence de transfusion et hémoglobine sérique (Hb) toujours > 100 g/L durant l'hospitalisation), un 2ème définissant des hémorragies sévères composé d'au moins 2 des paramètres suivants (présence d'un choc, besoin transfusionnel > 4 culots globulaires, Hb < 80 g/L à un moment du séjour et nécessité d'un geste thérapeutique endoscopique, endovasculaire ou chirurgical en urgence) et un dernier groupe constitué des patients non inclus dans les 2 groupes définis ci dessus. Afin d'isoler les facteurs associés à une évolution bénigne ou sévère, une analyse univariée puis multivariée a été effectuée sur les paramètres suivants : âge, sexe, nature de la prise médicamenteuse (anticoagulants, antiagrégants plaquettaires, anti-inflammatoire), Hb initiale, TP, plaquettes, créatinine sanguine, localisation de la diverticulose.

 

Résultats

Trente huit patients (29,2 %) ont présenté une hémorragie bénigne et 34 (26,1 %) une hémorragie sévère. Les facteurs associés à une hémorragie bénigne étaient en analyse univariée : l'Hb initiale (g/L) (109,8 +/- 21,6 - 130,1 +/- 13,3) (p < 0,0001) et l'absence de prise d'AVK (p < 0,006). Seul 1 patient (3,1 %) sous AVK a présenté une évolution bénigne. La localisation de la diverticulose n'entrait pas en compte. Lors des hémorragies sévères, en analyse univariée, seuls la prise d'AVK (p = 0,02), le surdosage en AVK (INR > 4,5) (p = 0,003), l'Hb initiale (g/L) (121,4 +/- 16,1 – 99,8 +/- 26,6) (p < 0,0001) et la localisation colique droite étaient des facteurs de gravité. La prise d'aspirine, de clopidogrel ou d'AINS n'était pas associée à une forme sévère. En analyse multivariée, la prise d'AVK (OR = 2,56) (p = 0,04) et la localisation droite de la diverticulose (OR = 2,63) (p = 0,02) étaient associées de manière indépendante à la gravité de l'épisode hémorragique. La localisation exacte du saignement (n = 14) était respectivement colique gauche et droite dans 71 % (n = 10) et 14 % (n = 2) des cas.

 

Conclusion

Les deux facteurs indépendants associés à la sévérité d'une hémorragie diverticulaire sont la prise d'AVK, surtout en cas de surdosage, et la localisation colique droite des diverticules. La prise d'antiagrégants ou d'AINS n'est pas retrouvée comme facteur de risque des formes sévères. Dans notre étude, si les hémorragies diverticulaires certaines siègent le plus souvent sur le colon gauche, les diverticules du colon droit sont associés à une forme sévère.

 

 

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