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Les prothèses œsophagiennes métalliques expansives dans le traitement palliatif du cancer de l'œsophage : comparaison des résultats et des complications chez 56 malades ayant reçu une radio chimiothérapie vs 60 malades non traités antérieurement
S Lecleire (1); F Di Fiore (1); M Antonietti (1); P Ducrotte (1); B Paillot (1); P Michel (1); E Lerebours (1); E Ben Soussan (1); ADEN EA 3234 (1) Rouen - FRANCE Mots clés : 65 Oesophage 63 Traitement, Pronostic 93 Complications | ||||
Introduction
Les prothèses œsophagiennes métalliques expansives (POME) sont employées en première intention dans le traitement palliatif de la dysphagie du cancer de l'œsophage. Cependant, l'insertion de POME peut être suivie de complications potentiellement graves. Leur survenue plus fréquente chez des malades ayant été traités antérieurement par radiothérapie et chimiothérapie (RT-CT) reste encore incertaine. Le but de l'étude était d'analyser rétrospectivement d'une part l'efficacité symptomatique d'un traitement par POME chez des malades atteints de cancer de l'œsophage, et d'autre part de comparer la fréquence des complications survenant après insertion de POME, selon la réalisation antérieure d'un traitement par RT-CT ou l'absence de traitement antérieur.
Patients et Méthodes
De janvier 1997 à novembre 2003, tous les malades ayant bénéficié de la mise en place d'une POME couverte dans le traitement palliatif d'un cancer de l'œsophage ont été inclus et séparés en deux groupes : les malades qui avaient bénéficié d'un traitement par RT-CT (45 à 66 Grays associés dans 90 % à une CT à base de 5-FU-CDDP) avant l'insertion de la POME (groupe 1) et les malades qui n'avaient pas reçu de RT-CT (groupe 2). L'efficacité de la POME était évaluée au cours du premier mois par le score de dysphagie (gradé de 0 à 4 selon Atkinson). Les caractéristiques cliniques et tumorales des malades, l'efficacité de la POME, les complications précoces et tardives (respectivement de J0 à J10 et après J10) et la survie médiane ont été comparées entre les deux groupes. Les complications majeures comprenaient les perforations, les hémorragies sévères, les pneumopathies d'inhalation, la survenue ou la récidive de fistules avec les voies respiratoires et la migration des POME.
Résultats
Dans notre étude, 56 malades ont été inclus dans le groupe 1 et 60 malades dans le groupe 2. Les caractéristiques cliniques et tumorales étaient comparables entre les deux groupes (sexe, classification TNM, localisation et taille de la tumeur, score initial de dysphagie, statut nutritionnel et indice OMS) à l'exception d'un âge plus jeune (64,8 vs 71 ; p < 0,01) et de malades non métastatiques plus fréquents (53,6 % vs 18,3 % ; p < 0,001) dans le groupe 1. La dysphagie médiane était significativement améliorée de 3 à 1 dans les deux groupes à 30 jours après insertion de la POME (NS). Les complications majeures survenaient dans 12,9 % des cas précocement et dans 20 % des cas tardivement et étaient dans les deux cas plus fréquentes dans le groupe 1 (respectivement 23,2 % vs 3,3 % ; p < 0,002 et 29,4 % vs 11,9 % ; p < 0,04), avec un risque accru de pneumopathies d'inhalation (p < 0,02) et de fistules œso trachéales (p < 0,05) dans le groupe 1. Le taux de décès précoces (jusqu’à J10) directement liés à l'insertion de la POME était plus élevé dans le groupe 1 (8,9 % vs 1,7 % ; p = NS).
Conclusion
L'insertion de POME a permis l'amélioration symptomatique de 90 % des malades des deux groupes. Les complications majeures précoces et tardives étaient plus fréquentes chez les malades ayant été traités par RT-CT. La survie médiane des deux groupes n'était pas différente.
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