Résumé selectionné |
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Le risque de maladie auto-immune associée à la maladie cœliaque est indépendant de la durée d'exposition au gluten.
I Nion-Larmurier (1); C Cellier (1); S Viola (1); S Couignoux (2); JP Hugot (1); C Maurage (3); A Dabadie (4); O Mouterde (5); M Allez (1); A Boyer (6); S Schneider (7); J Cosnes (1); GFHGNP et GERMC (1) Paris - FRANCE (2) Lille - FRANCE (3) Tours - FRANCE (4) Rennes - FRANCE (5) Rouen - FRANCE (6) Montpellier - FRANCE (7) Nice - FRANCE Mots clés : 17 Malabsorption 49 Immunité Muqueuse, Mécanismes De Défense De L'hôte 3 Epidémiologie (Sauf Cancer) | ||||
Introduction
Les patients ayant une maladie cœliaque (MC) ont une prévalence augmentée de maladies auto-immunes (MAI). Le rôle favorisant de l'exposition prolongée au gluten dans la survenue des MAI est discuté. Les résultats sont contradictoires suivant qu'est étudiée une population pédiatrique ou adulte. Cette étude prospective multicentrique regroupant des Services de Pédiatrie et de Gastroentérologie adulte avait pour but de préciser l'effet de la durée d'exposition au gluten sur le risque de MAI.
Patients et Méthodes
Chez 403 patients cœliaques, enfants (n = 149) et adultes (n = 254, dont 57 diagnostiqués dans l'enfance), vus consécutivement en 2003 et 2004, on a recherché l'existence d'une MAI symptomatique selon une liste pré-établie. Les effets respectifs du sexe, de l'âge au diagnostic (médiane : 14 ans), du délai entre le premier symptôme et le diagnostic (médiane : 7 mois), de l'existence d'antécédents familiaux de MC et de MAI respectivement, du tabac, de la durée d'exposition au gluten (médiane : 21 ans), et, chez les 358 patients vus à distance du diagnostic (recul médian : 6 ans), de la compliance au régime sans gluten (RSG), ont été étudiés par analyse multivariée selon le modèle de Cox.
Résultats
Quatre-vingts sept cœliaques (22 %) avaient développé une ou plusieurs MAI. Les MAI (n = 94) les plus fréquentes étaient le diabète insulinodépendant (n = 23), les thyroïdites (n = 19) et la dermatite herpétiforme (n = 17). Le seul facteur significativement associé au risque de MAI était l'âge au diagnostic de MC : le risque actuariel de MAI à 50 ans était de 50 ± 7 % en cas de MC diagnostiquée avant 40 ans versus 21 ± 5 % en cas de diagnostic après 40 ans (Logrank p < 0,001). Le risque de MAI secondaire (développée après le diagnostic de MC, n = 29) était à 10 ans de 8 ± 3 % chez les malades suivant le RSG (n = 217) versus 10 ± 3 % chez ceux ne le suivant pas ou incomplètement (n = 141 ; NS).
Conclusion
Dans cette étude originale car regroupant enfants et adultes, la durée d'exposition au gluten n'est pas un facteur déterminant du risque de MAI. Au contraire, un diagnostic de MC tard dans la vie est associé à un risque moindre de MAI. Le RSG n'a pas d'effet protecteur quant au développement secondaire de MAI.
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