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Première évaluation de la prévalence des pathologies anales dans une population définie : les patients infectés par le VIH
L Abramowitz (1); X Duval (1); D Benabderrahmane (1); P Ravaud (1); F Walker (1); E Bouvet (1); C Leport (1); P Yeni (1); C Longuet (1); I Sobhani (2); JC Soulé (1); (1) Paris - FRANCE (2) Créteil - FRANCE Mots clés : 21 Pathologie Anorectale 52 Infections Par Le Vih, Sida 3 Epidémiologie (Sauf Cancer) | ||||
IntroductionLa prévalence des lésions proctologiques est méconnue dans la population générale et chez les patients infectés par le VIH. Ces derniers, du fait de leur sexualité ou de leur immunodépression, pourraient être une population plus à risque d’en présenter. Le but de notre travail a été d’évaluer la prévalence de l’ensemble des lésions proctologiques chez les patients infectés par le VIH et de rechercher les facteurs associés. Patients et MéthodesNous avons systématiquement proposé un examen proctologique complet à des patients consécutifs venant consulter dans le cadre de leur infection par le VIH dans notre CHU. Un questionnaire standardisé a permis de collecter les informations se rapportant aux patients (age, sexe, origine géographique, nombre de partenaires par an, de rapports par mois, l’utilisation ou non de préservatif, notion de rapports anaux) et à sa maladie (mode de transmission, taux de CD4, nadir des CD4, charge virale VIH, stade CDC, thérapeutique antirétrovirale). RésultatsL’examen a été proposé à 516 patients, 473 (92%) l’ont accepté. 208 patients (44 %) avaient une ou plusieurs pathologies proctologiques : 108 (23%) des condylomes anaux, 67 (14%) une pathologie hémorroïdaire (PH), 50 (11%) une fissure anale (FA), 18 (4%) une lésion dermatologique anale (psoriasis, eczéma, prurit idiopathique), 9 (2%) une suppuration (2 abcès et 7 fistules), 6 (1,3%) une rectite, 6 (1,3%) une MST ano-rectale (2 à chlamydiae, 1 à mycoplasme, 2 à CMV et 1 herpétique), 4 (0,85%) des troubles de la statique (3 incontinences anales avec Wexner médian à 15/20, 1 prolapsus rectal interne, 2 périnées descendants) et 2 (0,42%) coccygodinies. Parmi les 67 patients avec PH, 5 avaient une thrombose interne et 10 externe, 55 avaient un saignement, 21 avaient un prolapsus (14 grade II, 5 grade III et 2 grade IV). Parmi les 50 patients avec FA, elle était antérieure chez 7 patients, postérieure chez 47 et double chez 4. La prévalence de la PH et des FA ne différait pas significativement selon le sexe. Bien que la valeur médiane de la gêne était de 3 sur 10 chez les patients avec PH ou FA seulement 48 et 20 % d’entre eux avaient été pris en charge. En analyse multivariée, aucun facteur (lié au patient ou à sa maladie VIH) n’était associé au risque de PH ou de FA, les deux pathologies anales les plus fréquentes après les condylomes (dont les facteurs de risques ont déjà été rapportés). DiscussionL’absence de facteurs associés à la PH ou aux FA parmi les items définissant habituellement l’infection VIH pourrait laisser penser que les résultats de prévalence rapportés ici pour ces deux pathologies, pourraient être peu différents de ceux de la population générale, inconnus à ce jour. ConclusionLes patients infectés par le VIH ont, dans près de la moitié des cas, une pathologie anale. Les taux de PH et de FA rapportés dans cette étude pourraient être proches de ceux de la population générale. |
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