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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

mardi 21 mars 2006
Plénière


Le stress néonatal modifie le nombre d'interactions neuro-immunitaires au niveau de la muqueuse colique chez le rat adulte

F Barreau (1); C cartier (2); R Moriez (2); R Moriez (2); J Fioramonti (2); L Bueno (2);

(1) Paris - FRANCE
(2) Toulouse - FRANCE


Mots clés :
74 Innervation
75 Pathologie Fonctionnelle Digestive
79 Côlon Et Anorectum

Introduction

Le stress néonatal induit chez le rat adulte, une hypersensibilité viscérale associée à une augmentation du nombre de mastocytes au niveau de la muqueuse colique. Les interactions nerf-mastocyte ainsi que la dégranulation mastocytaire ont un rôle primordial dans la régulation de la sensibilité viscérale. Le but de cette étude était de déterminer si chez le rat mâle adulte, un stress néonatal modifiait la sensibilité des mastocytes à dégranuler, ainsi que le nombre d’interactions nerfs-mastocyte au niveau de la muqueuse colique.

Matériels et Méthodes

Le stress néonatal a consisté en une séparation des nouveau-nés de leurs mères 3 heures/jour pendant 12 jours, dès le deuxième jour de vie. Chez les rats mâles âgés de 12 semaines, des segments de côlon ont été prélevés, sur lesquels, les quantités de protease II mastocytaire (RMCPII) relarguée par les mastocytes, en condition basale et en condition stimulée (Substance P (10μM) ou ionophore A23187 (1μM) ) ont été déterminées. Puis, l’utilisation d’anticorps anti-PGP9.5 et anti-RMCPII, nous a permis d’étudier la densité des fibres nerveuses et le nombre d’interaction nerf-mastocyte au niveau de la muqueuse colique. L’intensité de fluorescence du marquage PGP9.5 ainsi que le nombre de colocalisation RMCPII-PGP9.5 ont été exprimées par mm2 de muqueuse. Les résultats sont exprimés moyenne±ESM.

Résultats

En condition basale, la séparation maternelle augmentait les quantités de RMCPII relarguées par la muqueuse colique (219.2±20.5 vs. 144.2±17.1 ng/g ; P<0.05). De même, le stress néonatal augmentait les quantités de RMCPII relarguées par la muqueuse colique en réponse à la substance P (185.3±45.8 vs. 69.5±13.2 ng/g P<0.05) ou au ionophore A23187 (238.6±37.8 vs. 111.6±26.7 ng/g P<0.05). Le double immuno-marquage des nerfs et des mastocytes révèle que la séparation maternelle augmentait la densité de fibres nerveuses (110.4±11.30 vs. 72.5±6.9/mm2 ; P<0.05) et le nombre d’interactions (Φ<2µm) nerf-mastocyte (9.9±1.6 vs. 2.3±1.0 mm2 ; P<0.05) au niveau de la muqueuse colique.

Conclusion

Les résultats montrent que chez le rat, un stress néonatal augmente à long terme la sensibilité des mastocytes à dégranuler, ainsi que la densité de l’innervation et le nombre d’interaction nerf-mastocyte au niveau de la muqueuse colique. Ces altérations neuro-immunitaires induites par des évènements traumatiques précoces, pourraient jouer un rôle important dans le maintien de l’hypersensibilité viscérale observée chez ces rats adultes.

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