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Influence des caractéristiques des établissements de soins sur la pratique de la chimiothérapie adjuvante du cancer du colon de stade II
E Alter (1); JM Phelip (1); JN Guilhot (2); X Roblin (1); M Vermorel (3); (1) Grenoble - FRANCE (2) Saint-Étienne - FRANCE (3) Lyon - FRANCE Mots clés : 64 Epidémiologie 68 Côlon, Rectum 63 Traitement, Pronostic | ||||
ObjectifLes recommandations de la conférence de consensus du cancer du colon (janvier 1998) précisent que la chimiothérapie des cancers de stade II n'a pas fait la preuve de son efficacité et ne doit pas être réalisée hors essai thérapeutique. Les études de pratiques montrent cependant qu’elle est souvent réalisée. Le but de cette étude était de mesurer, au sein d’une population bien définie, le rôle propre des caractéristiques des structures de soins dans la prescription de la chimiothérapie adjuvante pour ces tumeurs de stade II. Patients et MéthodesTous les cas de cancer du colon opérés durant l’année 2000 dans la région Rhône-Alpes ont été répertoriés à partir des données du PMSI. Après exclusion des patients ayant reçu une chimiothérapie adjuvante dans le cadre d’un essai thérapeutique, 534 dossiers de stade II issus de 81 établissements ont été inclus et consultés. L'impact des caractéristiques des établissements de soins sur la réalisation de la chimiothérapie a été analysé par régression logistique. RésultatsGlobalement, 19,5% des patients ont reçu une chimiothérapie adjuvante (CtA). En dehors de l'âge inférieur à 75 ans et du stade tumoral T4 (OR ajusté 9,61 ; p<0,001 et OR ajusté 5,02 ; p<0.001, respectivement), le faible volume chirurgical de l'établissement était le facteur le plus prédictif de la pratique de la CtA (OR ajusté 2,96 pour les patients pris en charge dans un établissement ayant opéré moins de 20 cancers du colon sur l’année étudiée ; p< 0.001). La concertation pluridisciplinaire formalisée avec compte-rendu écrit n’était réalisée que pour 10,5 % des patients .Elle était associée à la prescription plus fréquente de la CtA, indépendamment des facteurs pronostiques liés à la tumeur (OR ajusté 3,25, p = 0,001). Dans une moindre mesure, le caractère privé de l’établissement chirurgical prenant en charge les patients influençait également la prescription de CtA (OR ajusté 1,82 ; p = 0,019). Les patients présentant une complication au diagnostic étaient plus traités par CtA (OR ajusté 1,97 ; p = 0,035). Par contre, un nombre de ganglions examinés inférieur au référentiel n’avait pas d’influence significative sur la prescription de CtA. ConclusionLes caractéristiques des établissements de soins ont directement influencé la pratique de la chimiothérapie adjuvante pour le cancer du colon de stade II. L’écart au référentiel plus important dans les établissements à faible volume chirurgical souligne l'intérêt d'un regroupement d’activité. Les réunions de concertation pluridisciplinaire formalisée étaient encore peu développées en 2000 ; les décisions parfois paradoxales qui y étaient prises posent la question d’une évaluation plus globale de leur qualité. |
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