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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

lundi 20 mars 2006
Communication Orale


Reflux gastro-oesophagien chez les patients ayant une obésité morbide : rôle du syndrome d'apnée du sommeil ?

M Merrouche (1); J Pouzoulet (1); D Maillard (1); JM Sabate (1); P Jouet (1); S Msika (1); F Iglicki (1); S Ledoux (1); C Clerici (1); B Coffin (1);

(1) Colombes - FRANCE


Mots clés :
7 Reflux Gastrooesophagien

Introduction

L'obésité est un facteur favorisant du RGO et augmente le risque de SAS. Des études suggèrent que le SAS pourrait favoriser le reflux par la pression intra-thoracique négative générée lors des épisodes d'apnée obstructive, cependant ce lien n'a pas pu être confirmé.
Nous avons voulu déterminer chez des patients avec obésité morbide, les prévalences respectives du SAS et du RGO et une éventuelle relation de causalité.

Patients et Méthodes

Soixante-huit patients avec obésité morbide (Index de Masse Corporelle (IMC) >40 kg/m2 ou IMC > 35 kg/m2 et comorbidité) en attente de chirurgie bariatrique ont été inclus prospectivement entre 04/2003 et 01/2005. Une pH-métrie des 24 heures (examen anormal si % de temps passé à pH<4 ≥ 4,2%), un enregistrement polysomnographique nocturne (examen anormal si index d'apnées-hypopnées (IAH) >10) et une manométrie oesophagienne étaient systématiquement réalisés.

Résultats

(moyenne ± DS). 59 F/9H (âge 38,9 ±10,4 ans ; IMC 46.5 ± 6.4 kg/m²) ont été inclus. La ph-métrie était anormale chez 44% (n = 30 patients avec % de temps passé à pH<4 : 7,5 ± 2,7) et il existait un SAS chez 80,9% (n = 55) avec un SAS sévère (AIH >50) dans 17,6% des cas. La pression du sphincter inférieur de l’œsophage (pSIO) était significativement plus basse chez les patients avec RGO (11,6 ± 3,4 vs 13,4 ± 3,6 mmHg ; p = 0,039). L'IMC était significativement corrélé à l'IAH (r = 0,337 ; p = 0,005), que les patients soient reflueurs (p = 0,019) ou non (p = 0,015). Les patients avec SAS étaient plus âgés (40,49 ± 10,9 vs 33,46 ± 10,4 ans ; p = 0,039). Les patients avec SAS tendaient à avoir plus souvent un reflux (49,1% vs 23,1% ; p = 0,089). Aucune corrélation significative n' a été retrouvée entre les critères pH-métriques et l'IAH, ni pour la période totale de 24H (% temps passé à pH< 4 : r = - 0,173 [p = 0,157] ; nombre total de reflux : r = - 0,179 [p = 0.144] ) ni pour la période nocturne (% temps passé à pH<4 : r = - 0,088 [p = 0,476] ; nombre de reflux : r = - 0,32 [p = 0,287] ). En analyse multivariée, la présence d’un RGO était associée à une pSIO basse (p = 0,031) et à la présence d’un SAS (p = 0,045), mais n'était pas liée au sexe, à l'âge ni à l'IMC.

Conclusion

Dans cette population de patients avec obésité morbide, 80% des patients présentent un SAS et près de la moitié un RGO. L'existence d'un reflux chez ces patients est liée à une hypotonie du SIO et à la présence d'un SAS.

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