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Reflux gastro-oesophagien chez les patients ayant une obésité morbide : rôle du syndrome d'apnée du sommeil ?
M Merrouche (1); J Pouzoulet (1); D Maillard (1); JM Sabate (1); P Jouet (1); S Msika (1); F Iglicki (1); S Ledoux (1); C Clerici (1); B Coffin (1); (1) Colombes - FRANCE Mots clés : 7 Reflux Gastrooesophagien | ||||
IntroductionL'obésité est un facteur favorisant du RGO et augmente le risque de SAS. Des études suggèrent que le SAS pourrait favoriser le reflux par la pression intra-thoracique négative générée lors des épisodes d'apnée obstructive, cependant ce lien n'a pas pu être confirmé. Patients et MéthodesSoixante-huit patients avec obésité morbide (Index de Masse Corporelle (IMC) >40 kg/m2 ou IMC > 35 kg/m2 et comorbidité) en attente de chirurgie bariatrique ont été inclus prospectivement entre 04/2003 et 01/2005. Une pH-métrie des 24 heures (examen anormal si % de temps passé à pH<4 ≥ 4,2%), un enregistrement polysomnographique nocturne (examen anormal si index d'apnées-hypopnées (IAH) >10) et une manométrie oesophagienne étaient systématiquement réalisés. Résultats(moyenne ± DS). 59 F/9H (âge 38,9 ±10,4 ans ; IMC 46.5 ± 6.4 kg/m²) ont été inclus. La ph-métrie était anormale chez 44% (n = 30 patients avec % de temps passé à pH<4 : 7,5 ± 2,7) et il existait un SAS chez 80,9% (n = 55) avec un SAS sévère (AIH >50) dans 17,6% des cas. La pression du sphincter inférieur de l’œsophage (pSIO) était significativement plus basse chez les patients avec RGO (11,6 ± 3,4 vs 13,4 ± 3,6 mmHg ; p = 0,039). L'IMC était significativement corrélé à l'IAH (r = 0,337 ; p = 0,005), que les patients soient reflueurs (p = 0,019) ou non (p = 0,015). Les patients avec SAS étaient plus âgés (40,49 ± 10,9 vs 33,46 ± 10,4 ans ; p = 0,039). Les patients avec SAS tendaient à avoir plus souvent un reflux (49,1% vs 23,1% ; p = 0,089). Aucune corrélation significative n' a été retrouvée entre les critères pH-métriques et l'IAH, ni pour la période totale de 24H (% temps passé à pH< 4 : r = - 0,173 [p = 0,157] ; nombre total de reflux : r = - 0,179 [p = 0.144] ) ni pour la période nocturne (% temps passé à pH<4 : r = - 0,088 [p = 0,476] ; nombre de reflux : r = - 0,32 [p = 0,287] ). En analyse multivariée, la présence d’un RGO était associée à une pSIO basse (p = 0,031) et à la présence d’un SAS (p = 0,045), mais n'était pas liée au sexe, à l'âge ni à l'IMC. ConclusionDans cette population de patients avec obésité morbide, 80% des patients présentent un SAS et près de la moitié un RGO. L'existence d'un reflux chez ces patients est liée à une hypotonie du SIO et à la présence d'un SAS. |
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