© SNFGE, 2006
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

lundi 20 mars 2006
Plénière


Sédation par propofol sous la responsabilité du gastro-entérologue pendant la coloscopie : résultats d'une étude prospective, randomisée et contrôlée

A Laquiere (1); L Poincloux (1); F Monzy (1); F Artigues (1); C Bonny (1); JE Bazin (1); M Dapoigny (1); G Bommelaer (1);

(1) Clermont-Ferrand - FRANCE


Mots clés :
91 Diagnostique
98 Côlon - Rectum
2 Assurance Qualité

Introduction

L'utilisation du propofol par le gastro-entérologue dans la sédation pour la coloscopie, a fait l'objet ces dernières années de nombreuses études montrant l'efficacité et la sûreté de cette technique. Cependant cette sédation n’a jamais été comparée à l’anesthésie générale réalisée par les anesthésistes. L’objectif de cette étude était de comparer la satisfaction et la sécurité des patients durant la sédation contrôlée par les endoscopistes à celles d’une anesthésie conduites par les anesthésistes.

Patients et Méthodes

Apres accord du CCPPRB, des patients âgés de 18 à 80 ans, ASA I et II, hospitalisés pour une coloscopie ont été randomisés. Les patients du groupe A recevaient une Anesthésie par propofol administrée par un anesthésiste. Dans le groupe S (Sédation), le gastro-entérologue administrait 0,5 ou 1 mg d’alfentanyl puis une dose de charge de 30 ou 50 mg de propofol. En fonction de la tolérance du patient à l’examen, des bolus supplémentaires de 10 ou 20 mg étaient injectés par l’endoscopiste à l’aide d'une pédale reliée à une pompe PCA préprogrammée. Tous les patients étaient surveillés par scope-ECG et recevaient 5l/mn d’O2 nasal. Le critère principal de jugement de l'étude était la satisfaction du malade quatre heures après la coloscopie. Le calcul de l’effectif était de 80 patients.

Résultats

De novembre 2004 à mars 2005, 261 patients ont bénéficié d'une coloscopie simple, 148 étaient éligibles, 94 ont donné leur consentement et ont été randomisés. Les scores moyens de satisfaction des deux groupes n'étaient pas significativement différents : 90,8(S) vs 89 (A). Cependant, les patients du groupe S pensent avoir eu un meilleur niveau de sédation (91% vs 75%, p = 0,03) et accepteront plus souvent une nouvelle coloscopie (95% vs 79%, p = 0,02) dans les mêmes conditions d’anesthésie. Les temps d'examen : temps de progression jusqu'au caecum (8,4 mn vs 9,3 mn), durée totale de la coloscopie (16,7 mn vs 17,7 mn) ainsi que les difficultés de réalisation n'étaient pas différentes entre les deux groupes. Dans le groupe S, la dose de propofol injectée était de 94 (30-210) mg versus 260 (60-670) mg, les effets secondaires (6,66 % de désaturation, 24,4 % d’hypotension) étaient moins fréquents (p<0,008) et n'ont nécessité aucun geste de réanimation spécifique.

Conclusion

Chez des patients ASA I ou II, après élaboration d’un protocole avec les médecins anesthésistes et formation aux techniques de réanimation, la coloscopie pourrait être réalisée avec une sédation par propofol administré par l’endoscopiste avec une satisfaction identique pour le patient et des effets secondaires moins importants.

Envoyer à un ami Imprimer
© SNFGE, 2006