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Reflux gastro-oesophagien nocturne : une prévalence élevée et un retentissement important
S Bruley des Varannes (1); G Errieau (2); E Tocque (3); S Bonnot-Marlier (3); (1) Nantes - FRANCE (2) Paris - FRANCE (3) Issy-Les-Moulineaux - FRANCE Mots clés : 7 Reflux Gastrooesophagien | ||||
IntroductionLes manifestations nocturnes du reflux seraient associées à des formes plus sévères de RGO (1). Le but de cette étude était d’évaluer en médecine générale la prévalence des manifestations nocturnes de RGO et d’apprécier leur retentissement et les modalités de leur prise en charge. Patients et MéthodesPendant 3 jours consécutifs, 562 médecins dénombraient parmi tous leurs consultants âgés de 18 ans et plus, les patients ayant ou ayant eu au cours des 3 derniers mois, un symptôme diurne et/ou nocturne de RGO typique (pyrosis – régurgitations). RésultatsLa prévalence du RGO dans la population consultante était de 8,3% (3058/36663). 64,6% des patients reflueurs avaient des symptômes nocturnes (N+), soit une prévalence globale de 5,4% (1976/36663). La population N+ (hommes : 53%, âge moyen : 53 ans ; IMC moyen : 26,1 kg/m2 ; > 40 g alcool/j : 15%) n’était pas différente de la population ayant des symptômes de RGO uniquement diurnes (N-), exception faite du tabagisme (N+ : 27,7%, N- : 23,1% ; p = 0,0053) ; la symptomatologie d’appel (pyrosis : 73,6% ; régurgitations acides ou alimentaires : 41,2%), était considérée responsable de réveils nocturnes pour 58,6% des patients, était présente dès le matin au réveil pour 41,6% des patients et/ou survenait avant le coucher pour 39,5% des patients. Les troubles du sommeil observés dans le groupe N+ étaient des réveils nocturnes (56,4%), des difficultés à l’endormissement (40,6%), des réveils matinaux précoces (27,7%) et/ou la présence de cauchemars (13,6%). Une symptomatologie extradigestive (SED) était associée dans le groupe N+ dans 74% des cas vs 51% dans le groupe N- (p<0,0001) [douleur pharyngée (37,1%) ; toux chronique (24,2%) ; toux nocturne (23,8%) ]. La qualité du sommeil était «mauvaise ou très mauvaise» chez 58% des patients N+ (vs N- : 34% ; p<0.0001 ). Les symptômes altéraient «modérément-beaucoup» le bien-être quotidien chez 71% des N+ (vs N- : 48% ; p<0.0001 ). Les prescriptions d’IPP étaient plus fréquentes dans le groupe N+ (90,1%) que dans le groupe N- (76,6%, p<0.0001), et plutôt le soir (63,8% et 53,8% respectivement dans les groupes N+ et N- (p<0,0001). ConclusionPrès de 2/3 des malades ayant des symptômes de RGO signalent des symptômes nocturnes de RGO. Le retentissement des symptômes nocturnes semble important (dégradation du sommeil et du bien être). Le recours à un IPP pris préférentiellement le soir semble être une approche thérapeutique plus fréquente chez ces patients. Ces résultats incitent à évaluer des protocoles thérapeutiques spécifiques afin de réduire les troubles du sommeil de ces patients. |
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