© SNFGE, 2006
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

lundi 20 mars 2006
Communication Orale


Le cancer colorectal : influence du diagnostic en urgence sur l'évolutivité des cancers de stade TNM II

AM Bouvier (1); M Cortet (1); N Cheynel (1); J Faivre (1);

(1) Dijon - FRANCE


Mots clés :
68 Côlon, Rectum
64 Epidémiologie
63 Traitement, Pronostic

Introduction

Les données permettant de connaître les effets du diagnostic en urgence sur l’évolutivité du cancer colorectal dans la population générale sont rares. Le but de ce travail était de connaître les risques de survenue des récidives locorégionales, des métastases à distance et du décès des cancers colorectaux de stade TNM II en fonction du mode de diagnostic.

Patients et Méthodes

Les données provenaient du registre des cancers digestifs de Côte-d’Or. Au total, 1543 cas de cancers colorectaux réséqués à visée curative entre 1976 et 2000 de stade II ont été inclus. Parmi eux, 178 ont été diagnostiqués lors d’une occlusion et/ou d’une perforation. Trois périodes ont été définies : 1976-84, 1985-92 et 1993-00. Un modèle de Cox a permis de déterminer les facteurs associés à la survenue d’une reprise ou du décès.

Résultats

Le taux cumulé à 5 ans de reprise évolutive était de 28.1% pour les patients diagnostiqués hors urgence et de 40.7% pour ceux diagnostiqués en urgence (p<0.001). En analyse univariée, le mode de diagnostic, la localisation de la tumeur, son aspect macroscopique, la période et le nombre de ganglion examinés étaient associés à la survenue d’une reprise évolutive. En analyse multivariée, le diagnostic en urgence était associé à un risque plus élevé de reprise (OR : 1.73, p<0.001) ainsi que la localisation rectale (OR : 1.47, p = 0.001) et l’aspect ulcéro-infiltrant (OR : 1.32, p = 0.027). Le risque de récidive était plus faible lorsqu’au moins 12 ganglions avaient été examinés (OR : 0.69, p = 0.004). Il n’y avait plus d’effet de la période. Le taux de survie à 5 ans était de 59.7% pour les patients diagnostiqués hors urgence et de 59.8% pour ceux diagnostiqués en urgence (p = 0.001). La localisation, l’aspect macroscopique, le nombre de ganglions examinés et la période étaient liés à la survie. En analyse multivariée, le diagnostic en urgence (OR : 1.32, p = 0.003) et la localisation rectale (OR : 1.21, p = 0.019) augmentaient le risque de décès. L’examen de 12 ganglions ou plus le diminuait (OR : 0.71, p = 0.0003). La période de diagnostic et l’aspect macroscopique n’avaient plus d’effet.

Conclusion

Cette étude suggère que les cancers colorectaux de stade II diagnostiqués en urgence ou avec un nombre de ganglions examinés inférieur à 12 ont un plus mauvais pronostic. Des essais thérapeutiques spécifiques sont nécessaires pour savoir si ces patients doivent recevoir une chimiothérapie.

Envoyer à un ami Imprimer
© SNFGE, 2006