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Histoire naturelle de la pancréatite chronique héréditaire : enquête nationale exhaustive
V Rebours (1); MC Boutron-Ruault (2); C Férec (3); M Schnee (4); F Maire (1); P Hammel (1); P Ruszniewski (1); P Lévy (1); Association des Pancréatites Chroniques Héréditaires (APCH) (1) Paris - FRANCE (2) Villejuif - FRANCE (3) Brest - FRANCE (4) La-Roche-Sur-Yon - FRANCE Mots clés : 27 Pancréatites Chroniques | ||||
IntroductionLa PCH est due à une mutation autosomique dominante du trypsinogène cationique (PRSS1). Sa prévalence et son histoire naturelle en France ne sont pas connues. Patients et MéthodesUne cohorte comprenant tous les pts atteints de PCH sur le territoire français a été constituée après avoir contacté tous les laboratoires de génétique (taux de réponse : 100%) et les gastroentérologues et pédiatres français (taux de réponse : 84%). Les critères d’inclusion étaient la présence d’une mutation du gène PRSS1 ou la présence d’une PC chez au moins deux apparentés au premier degré ou trois apparentés au second degré sans autre cause. Les mutations des gènes CFTR et de l’inhibiteur du trypsinogène de type 1 (SPINK1) étaient systématiquement cherchées. Résultats
La cohorte comprenait 78 familles et 200 pts dont 181 vivants (nombre médian de générations par famille : 3, hommes : 53%, alcoolisme : 5%, tabagisme : 34%). Les mutations de PRSS1 étaient présentes ou absentes chez respectivement 68% et 32% (R122H : 78%, N29I : 12%, autres : 10%). De plus, les mutations de SPINK1 et CFTR étaient présentes chez respectivement 13% et 2% des pts. La transmission de PRSS1 était maternelle chez 65%. L’âge médian à l’inclusion et aux premiers symptômes était respectivement 30 ans (extrêmes : 1-84) et 10 ans (1-73). 17% des pts n’avaient aucun symptôme (pénétrance : 83%). Le délai médian entre les 1ers symptômes et le diagnostic était de 9 ans. Les manifestations étaient des douleurs pancréatiques (83% ; continues : 5%) ; une pancréatite aiguë (69%), un pseudokyste (23%), une cholestase (3%), des calcifications pancréatiques (61% ; âge médian d’apparition : 23 ans), une stéatorrhée (34%), un diabète (26%) et un adénocarcinome (5%, âge médian : 55 ans). L’âge médian de survenue de la stéatorrhée et du diabète était respectivement 29 et 38 ans. Il n’y avait pas de différence significative des données cliniques et morphologiques selon le statut génétique. Un traitement antalgique chronique (>3 mois) était nécessaire chez 10% des pts, un traitement endoscopique chez 16% et une intervention chirurgicale chez 23% (n = 49 dont 29 dérivations pancréatiques, 16 splénopancréatectomies caudales, 7 dérivations de pseudokyste, 4 duodéno-pancréatectomies céphaliques). Le nombre de décès était de 19 (dont 10 imputables à la PCH) survenant à l’âge médian de 60 ans.
ConclusionLe nombre de familles et de malades atteints de PCH en France peut être estimé au minimum à 78 familles et 180 malades. Une mutation de PRSS1 est trouvée dans 68% des cas avec une pénétrance de 83%. Il n’y a pas de différence clinique et morphologique selon le type de mutation. La PCH se déclare dès l’enfance, le diagnostic en est tardif. Les manifestations ne semblent pas différentes de celle de la PC alcoolique en dehors de la moindre fréquence de la cholestase et des insuffisances pancréatiques. |
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