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Induction des récepteurs pour les opioïdes et pour les cannabinoïdes par les probiotiques : un nouveau mécanisme d'action
C Rousseaux (1); X Thuru (1); C Neut (1); C Dubuquoy (1); A Ouwehand (2); D Carcano (3); P Desreumaux (1); (1) Lille - FRANCE (2) Kantvik - FINLANDE (3) Paris - FRANCE Mots clés : 19 Maladies Inflammatoires Intestinales : Fondamental,Etiologie, Génétique 88 Noyau, Expression Des Gènes, Transfert Des Gènes | ||||
IntroductionLe récepteur µ pour les opioïdes (MOR) et les récepteurs pour les cannabinoïdes (CB1 et CB2) sont des récepteurs couplés aux protéines G, présents au niveau du système nerveux central et impliqués dans les phénomènes d’analgésie. Au niveau digestif, ils sont exprimés notamment par les cellules épithéliales coliques et exercent un effet anti-inflammatoire. But : Evaluer in vitro et in vivo si des probiotiques sont capables d’induire l’expression épithéliale de MOR, CB1 et CB2. Matériels et MéthodesIn vitro, des cellules épithéliales coliques HT-29 ou Caco-2 étaient incubées pendant 0 à 6h avec différents probiotiques ou bactéries (100 bactéries/cellule) : L. Acidophilus (NCFM), L. Salivarius (UCC118), L. paracasei (Lpc37), E. Coli commensal, E. Coli adhéso-invasif (LF82). Le rôle de la voie NF-kB dans l’induction de l’expression de ces récepteurs par les probiotiques était testé en pré-traitant les cellules HT-29 par un inhibiteur spécifique : le CAPE. Le TNFa (10 ng/ml, 2h), inducteur de l’expression des récepteurs CB et MOR, était utilisé comme témoin positif. Une étude in vivo était ensuite réalisée chez des souris Balb/c (n = 10) par l’administration orale de 109 CFU de la souche NCFM pendant 15 jours. L’expression de MOR et CB était évaluée par PCR en temps réel (RT-PCR) et par immunohistochimie dans les colons de souris. Les taux d'ARNm de cytokines inflammatoires TNFa, KC et IL-1b étaient évalués par RT-PCR. RésultatsSeules NCFM (1±1 vs 145±65, p<0.01), et UCC118 (1±1 vs 28±8, p<0.01), étaient capables d’induire dès la première heure d’incubation, une importante expression de MOR par les cellules épithéliales. Cette induction était comparable à celle des cellules stimulées par le TNFa. Pour CB1 (848±180 vs 229±55, p<0.05) et CB2 (1498±333 vs 341±163, p<0.01), seule NCFM induisait leur expression. L’inhibition de la voie NF-kB par le CAPE ne modifiait pas l’expression de MOR dans les cellules épithéliales stimulées par NCFM. In vivo, l’administration de NCFM induisait fortement l’expression colique de MOR au niveau ARNm (24±0.75, p<0.01). L’étude par immunohistochimie confirmait in vivo l’induction de l’expression de MOR, CB1 et CB2 par les cellules épithéliales coliques chez les souris recevant NCFM. L’induction de ces récepteurs était aussi associée à une diminution d’au moins 50% de l'expression des cytokines inflammatoires. ConclusionLa souche NCFM est la plus efficace pour induire l’expression épithéliale de MOR, CB1 et CB2 in vitro dans des lignées de cellules épithéliales et in vivo chez la souris. L’induction de ces récepteurs pourrait constituer un nouveau mécanisme d’action anti-inflammatoire et analgésique des probiotiques et pourrait être utilisée comme un nouveau marqueur pour sélectionner des souches de bactéries fonctionnelles dans les pathologies inflammatoires et douloureuses. |
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