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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

lundi 20 mars 2006
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L'utilisation des anti-ulcéreux injectables en milieu hospitalier est-elle conforme aux règles de prescription ?

A Amazan (1); D Chenevier (1); JM Senard (1); B Bellon (1); L Buscail (1); JP Vinel (1); J Escourrou (1);

(1) Toulouse - FRANCE


Mots clés :
13 Pathologie Acido-Dépendante (Y Compris Ains)
1 Stratégie Clinique
7 Reflux Gastrooesophagien

Introduction

Les anti-ulcéreux (AU) injectables sont des spécialités largement prescrites à l’hôpital. Afin de mieux connaître le contexte de leur utilisation, une évaluation prospective de leurs prescriptions a été réalisée à large échelle dans les services médico-chirurgicaux et de réanimation.

Matériels et Méthodes

Vingt-huit services de réanimation, chirurgie, médecine de notre CHU ont été sélectionnés. Les prescriptions d’oméprazole et de ranitine injectables de tous les patients de ces services ont été analysées en regard de différents critères : 1) dernières recommandations officielles publiées de bonnes pratiques : Les anti-ulcéreux chez l’adulte Afssaps1999, 2) possibilité d’utiliser la voie orale et 3) utilisation de posologies usuelles (oméprazole 40 mg une fois par jour et ranitidine 50 mg deux fois par jour).

Résultats

La prévalence de l’exposition aux AU injectables est de 17% (n = 1313, âge moyen : 57+/-17 ans, sexe ratio M/F : 1.6) avec des disparités selon les services (réanimation 60%, chirurgie 7%, médecine 20%). Les indications retrouvées sont : la prévention de l’ulcère de stress (94.4%), l’ulcère gastro-œsophagien (4.1%), le relais IV quand la voie orale est impossible (1.5%). La prophylaxie de l’ulcère de stress n’était pas justifiée chez 120 patients (sur 195) (moins de 2 facteurs de risque parmi : intubation > 48 heures, coagulopathie, sepsis, insuffisance rénale aiguë, coma neurologique, prescription d’AINS ou de corticoïdes) ; 52 patients n’avaient aucun de ces facteurs de risque. La voie orale aurait pu être utilisée chez 39 patients (20%). La posologie était incorrecte dans un cas (0.5%). Les critères permettant de conclure à une prescription non conforme pouvant se cumuler, on a retrouvé 66% de non conformité avec 1 (75%), 2 (24%) ou 3 (1%) critères. Le surcoût engendré par ce mésusage est estimé à 80 000 € soit 57% des dépenses du CHU pour ces 2 spécialités (extrapolation sur 2005).

Conclusion

Les résultats de cette évaluation font apparaître des prescriptions non conformes en terme d'indications ou de posologie. Ceci entraîne un surcoût à corriger. Cette évaluation prospective va servir de base de discussion au Comité du Médicament de notre établissement afin de rédiger des recommandations de bon usage qui intégreront des données de la littérature plus récentes dans l’objectif de promouvoir une utilisation plus rationnelle de ces médicaments tout en limitant les dépenses.

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