© SNFGE, 2006
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

lundi 20 mars 2006
Poster


Utilisation des IPP en première intention en médecine générale : une éducation à faire

X Roblin (1); E Germain (1); O Levy-Neumand (1); B Bonaz (1);

(1) Grenoble - FRANCE


Mots clés :
13 Pathologie Acido-Dépendante (Y Compris Ains)
1 Stratégie Clinique

Introduction

L’utilisation des IPP a une croissance exponentielle ces dernières années. Peu d’études ont analysées la bonne prescription des IPP en médecine générale. Certains travaux montrent une sur utilisation des IPP pour des mauvaises indications d’autres observant à l’inverse une sous utilisation de ces molécules.But : Le but de cette étude était d’évaluer la prescription, en médecine générale, des IPP en première intention en Isère.

Matériels et Méthodes

un questionnaire était envoyé à chaque médecin généraliste ayant prescrit des IPP en première intention, du 1er au 31 mars 2004 dans la seule circonscription de Grenoble. Il s'agissait de prescriptions initiales (non précédées depuis un an de prescriptions d'autres antiulcéreux) et pour des patients non hospitalisés durant les 30 jours précédant la prescription. La population a été sélectionnée à partir de la base de données des remboursements de l'assurance maladie. L'échantillonnage a été tiré aléatoirement informatiquement avec pour objectif un effectif de 600 prescriptions. Les questions portent sur la symptomatologie des patients ayant amené la prescription d’IPP, le diagnostic était porté ensuite par un groupe d’expert extérieur.Les résultats des prescriptions étaient comparés à l’autorisation de mise sur le marché (AMM) ou certaines indications acceptées par les experts (conférence de consensus ou articles princeps).

Résultats

Sur les 600 questionnaires envoyés, 42.5 % étaient exploitables. La maladie ulcéreuse n’était pas retrouvée en tant qu’indication. Le principal motif de prescription était l’association aux AINS, corticoïdes et aspirine (49.8 %) . Dans 70 % des cas la prescription correspondait à une intolérance clinique sans que les patients n’aient bénéficié d’un changement d’AINS. Dans 27 % des cas un IPP était associé aux AINS sans le moindre facteur de risque. Les Coxibs étaient associés à un IPP dans 6.27 % des cas. Le second motif était la présence d’un RGO et oesophagite (29.41 %), 41.3 % des patients décrivant un RGO, étaient âgés de plus de 50 ans et n’ont pas bénéficié d’une endoscopie ! Le troisième motif était les troubles fonctionnels intestinaux et la dyspepsie sans RGO (11.4 %) . Concernant la conformité de l’indication par rapport à l’AMM 46.3 % des prescriptions étaient erronées. Dans 21 % des cas, la posologie n’était pas conforme à l’AMM.

Conclusion

Ce travail montre manifestement des erreurs de prescriptions des IPP : sur utilisation des IPP avec les AINS, traitement symptomatique du RGO, utilisation au cours de la dyspepsie ou de troubles fonctionnels intestinaux, absence d’endoscopie dans les groupes à risques. Il est donc indispensable de réaliser un travail d’éducation afin d’éviter ce type d’erreurs de prescription dans le but de diminuer les dépenses de santé et d’améliorer la prise en charge de nos patients.

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