Résumé selectionné |
||||
|
||||
Facteurs prédictifs de réponse à la chirurgie anti-reflux
R Thibault (1); S Sacher-Huvelin (1); V Sébille (1); S Bruley des Varannes (1); JP Galmiche (1); Institut des Maladies de l'Appareil Digestif (1) Nantes - FRANCE Mots clés : 7 Reflux Gastrooesophagien | ||||
IntroductionLes facteurs prédictifs de réponse à la chirurgie anti-reflux sont peu connus et les études publiées ont été réalisées à partir de données obtenues dans des centres chirurgicaux spécialisés. La qualité de vie (QDV) est actuellement considérée comme le principal critère d’évaluation des traitements anti-reflux. L’objectif de cette étude était de déterminer les facteurs prédictifs de succès de la chirurgie anti-reflux dans la pratique chirurgicale générale, en se basant sur la QDV post-opératoire. Patients et MéthodesDu 1er janvier 1995 au 31 décembre 2002, nous avons sélectionné tous les patients adressés dans notre laboratoire pour une pHmétrie œsophagienne des 24 heures avant chirurgie anti-reflux. Ces patients étaient adressés par 33 chirurgiens, travaillant pour la plupart dans des CHG ou des cliniques privées. Pour être inclus, les patients devaient avoir un reflux acide jugé responsable des symptômes (indice de concordance (IC) ≥50 % et une probabilité d’association symptomatique ≥95 %), quelle que soit l’exposition acide œsophagienne (EAO) (normale ou ≥4,2 %) . Nous avons inclus 121 patients (72 H, 49 F, d’âge 47±13 ans) . L’indication de la chirurgie était une IPP-dépendance dans 52 % des cas. La voie cœlioscopique a été choisie dans 96 % des cas et la technique de Nissen dans 85 % des cas. Après la chirurgie, chacun des patients a répondu à un questionnaire validé de QDV spécifique du RGO, REFLUX-QUAL. Une bonne ou excellente QDV post-opératoire était définie par un score global >80. Une analyse statistique univariée incluant différentes caractéristiques pré-opératoires a été réalisée. Les variables associées à un score global de QDV>80 (seuil de significativité P≤0,15) ont été incluses dans une analyse multivariée (régression logistique). RésultatsAprès un suivi de 43±19 mois, 58 % des patients avaient une bonne ou excellente QDV post-opératoire. En analyse univariée, le sexe masculin (72 % (score >80) vs 28 % (score ≤80), P<0,001), l'EAO pathologique (62 % vs 38 %, P = 0,02), la présence de régurgitations (54 % vs 46 %, P = 0,04) ou l’absence de dysphagie (63 % vs 37 %, P = 0,02) pré-opératoires, l'IPP-dépendance (68 % vs 32 %, P = 0,007), l'IC ≥75 % (68 % vs 32 %, P = 0,02) et des symptômes de durée ≥4 ans (67 % vs 33 %, P = 0,04) étaient associés à une bonne ou excellente QDV post-opératoire. En analyse multivariée, les deux facteurs indépendamment associés à une bonne ou excellente QDV post-opératoire étaient le sexe masculin (OR = 4,4, IC 95 % [2,0─9,8], P<0,001) et l'EAO pathologique (OR = 3,0, IC 95 % [1,0─8,7], P = 0,04). ConclusionCes résultats confirment les données d’une étude américaine montrant un taux d’excellents résultats de la chirurgie anti-reflux n’excédant pas 60 % dans la pratique générale. Ils montrent l’importance d’une exposition acide œsophagienne pathologique pré-opératoire pour la sélection des patients. |
| ©
SNFGE, |