© SNFGE, 2007
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

La prise d'AINS non aspirinique et la prise d'aspirine sont des facteurs de risque de survenue d'un reflux gastro-oesophagien (RGO)
P. Ruszniewski, C. Soufflet, P. Barthelemy, R. Colin

 Introduction

Le rôle des AINS dans la survenue d'un ulcère gastro-duodénal est bien établi ; à l'inverse, les données évaluant la relation entre AINS et RGO sont très limitées. Le but de cette étude était de déterminer si la prise d'AINS est associée à une augmentation de la prévalence des symptômes de RGO.
 

 Patients et Méthodes

Une enquête a été réalisée en France entre octobre et novembre 2005 par TNS Healthcare auprès d'un échantillon représentatif de 10 000 sujets adultes (> 18 ans). Un questionnaire auto-administré a été utilisé. Les sujets ont été interrogés sur leur prise d'AINS et d'aspirine (ASA), et sur la présence de symptômes de reflux, définis par un pyrosis et/ou des régurgitations acides. L'analyse principale a inclus tous les patients, y compris ceux traités par IPP. Afin d'éviter un biais potentiel, une analyse secondaire a exclu les patients recevant des IPP. Une régression logistique a été réalisée afin de chercher les facteurs de risque potentiellement associés aux symptômes de RGO chez les patients ne recevant pas d'IPP ou d'ASA quotidiennement.
 

 Résultats

Le questionnaire a été retourné par 72.6% de la population. 6 823 sujets (femmes 52 % ; âge moyen : 48 ± 18 ans) étaient évaluables pour la prise d'AINS et la présence de symptômes de reflux. 2501 sujets (37 %) ont présenté des symptômes de reflux au moins une fois dans leur vie et 1463 d'entre eux (21 %) au cours des 3 derniers mois. 2262 sujets (33 %), 166 (4 %), et 781 (11 %) ont respectivement pris au cours des 3 derniers mois un AINS ou de l'ASA quotidiennement (pour raisons cardiovasculaires dans 83% des cas) ou un IPP. Parmi les sujets ayant pris un AINS, 50 % d'entre eux ont pris celui-ci pendant 6 jours ou moins au cours des 3 derniers mois, et 21 % pendant une à deux semaines. Les AINS les plus fréquemment utilisés étaient les arylcarboxyliques (81%), les fenamates (15 %), les oxicams (13 %) et les inhibiteurs de cox-2 (4%).

La prévalence des symptômes de RGO était significativement plus élevée parmi les sujets de plus de 65 ans (27 %), comparativement à ceux de la tranche 45-64 ans (22 %), et 18-44 ans (19 %, p<0.01), ainsi que chez les femmes (23 vs 20 %, p<0.01). La prévalence des symptômes de RGO durant les 3 derniers mois chez les patients prenant ou ne prenant pas d'AINS était respectivement de 27 % et 19 % (OR = 1,6, p<0,01). Lorsque les sujets prenant des IPPs étaient exclus de l'analyse, cette prévalence était respectivement de 23 % et 15 % (OR = 1,65, p<0,01). Des données similaires étaient observées chez les sujets recevant de l'ASA quotidiennement (28 vs 21 %, OR = 1,45, p<0,05). La régression logistique a identifié 3 facteurs indépendants associés à la présence de symptômes de RGO : la prise d'AINS (OR = 1,6), l'âge > 65 ans (OR = 1,3) et le sexe féminin (OR = 1,2).
 

 Conclusion

La prise d'AINS durant les 3 derniers mois est associée à une augmentation de la prévalence des symptômes de RGO. Cette prévalence est également augmentée lors d'une prise quotidienne d'ASA prise le plus souvent pour des raisons cardiovasculaires.
 

 Mots-clés :
Reflux Gastrooesophagien
Pathologie Acido-Dépendante (Y Compris Ains)

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