Adénocarcinome pancréatique non métastatique : vers une meilleure définition ? L. Wander, A. Marion-Audibert, J. Mabrut, A. Rode, M. Favre, E. Lepoutre, D. Péré-Vergé, J. Baulieux, J. Souquet
Introduction L'extension locorégionale des adénocarcinomes pancréatiques est relativement mal décrite dans les études, ce d'autant que les critères de résécabilité chirurgicale ne sont pas consensuels et varient selon les centres. Les progrès récents de l'imagerie permettent maintenant de mieux préciser l'extension locorégionale des cancers pancréatiques. La présentation clinique et l'évolution des patients, opérés ou non, restent encore peu connus.
Patients et Méthodes Résultats intermédiaires d'une étude rétrospective, monocentrique, au cours de la période 2000-2005. Tous les patients atteints d'adénocarcinome pancréatique sans métastase à distance ni carcinose péritonéale ont été inclus, comprenant les patients avec cancer pancréatique localisé à la glande et les patients avec cancer pancréatique localement avancé (défini par une atteinte de contiguité péripancréatique graisse et/ou vaisseaux) vus en échographie abdominale, scanner abdominal et/ou échoendoscopie pancréatique. Les données cliniques de ces patients ont été recueillies. L'analyse de survie a été réalisée selon la méthode de Kaplan-Meier.
Résultats Quarante patients atteints d'adénocarcinome pancréatique localisé ou localement avancés ont été étudiés, dont 52,5 % d'hommes et 47,5 % de femmes. L'âge moyen était de 64,9 ans. Le siège du cancer pancréatique était : tête (80 %), isthme (5 %), corps-queue (15 %). La taille moyenne de la tumeur était de 34,8 mm. 46,2 % des patients avaient une tumeur localisée et 53,8 % des patients avaient un envahissement vasculaire à l'imagerie (patients localement avancés). Au terme du bilan 5 % des patients théoriquement opérables présentaient une contre-indication opératoire d'ordre général, 37,5 % des patients étaient non opérables (envahissement vasculaire artériel et/ou veineux supérieur à 180°C) et 57,5 % étaient théoriquement opérables à visée curative. Seuls 42,5 % des patients ont réellement eu une chirurgie curative, les autres ayant une contre-indication peropératoire (métastases et/ou envahissement vasculaire sous estimé par l'imagerie). Une chimio ou radiochimiothérapie a été faite chez 78,3 % des patients non opérés (décès prématurés pour les autres patients) et 82,35 % des patients opérés. 36,9 % ont eu une chimiothérapie de 2ème ligne. La survie des patients était pour : les non opérés 10,68 mois, les patients opérés avec envahissement vasculaire veineux 18,4 mois, les patients opérés sans envahissement vasculaire veineux 22,2 mois.
Conclusion Cette étude relève que parmi les patients présentant un adénocarcinome pancréatique non métastatique, 46,2 % ont une maladie localisée à la glande et 53,8 % ont un stade localement avancé. 42,5 % des patients peuvent bénéficier d'une chirurgie curative. 80 % des patients ont un traitement médical par chimio ou radiochimiothérapie. La survie des patients opérés est supérieure à 18 mois, même en cas d'envahissement vasculaire veineux. Cette étude confirme la nécessité de préciser les différents stades locorégionaux des patients atteints d'un cancer pancréatique non métastatique.
|