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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Prévalence des anomalies cytologiques anales détectées par frottis dans une population française : implication classique des papillomavirus humains et du virus de l'immunodéficience humaine, mais aussi plus originale du tabac
I. Etienney, S. Vuong, F. Daniel, B. Mory, M. Taouk, S. Sultan, C. Thomas, J. Bourguignon, V. de Parades, N. Méary, A. Balaton, P. Atienza, P. Bauer

 Introduction

L'étude de la cytologie anale à la recherche de lésion intra épithéliale a démontré son intérêt dans des populations très sélectionnées à haut risque de cancer épidermoïde du canal anal. La faisabilité et l'acceptabilité, en consultation, en France de frottis du canal anal ont été démontrées. Le but de cette étude était de déterminer la fréquence des frottis anormaux dans un large échantillon de patients consultant pour des symptômes ano-rectaux.
 

 Patients et Méthodes

Un frottis anal était systématiquement proposé en consultation et réalisé après consentement éclairé à l'aide d'une brosse en dacron, sans désinfection, ni pose d'écarteur. Il était immédiatement suivi d'une mise en suspension en phase liquide (Thin Prep®).
 

 Résultats

Du 12 juillet au 7 Octobre 2005, 205 patients (112 femmes, 93 hommes) ont été inclus. Un antécedent de lésions anales à papillomavirus humain était retrouvé dans 13% des cas. Un antécédent de lésions gynécologiques à papillomavirus humain ou de conisation était noté chez respectivement 5 et 4% des femmes. Vingt-quatre patients étaient infectés par le virus de l'immunodéficience humaine, 174 ne l'étaient pas et la sérologie était inconnue pour 7 patients. A l'issue de la consultation, la pathologie était liée au papillomavirus humain dans 23 (11%) cas (lésions évolutives n = 12, suivi de condylomes sans lésion clinique n = 5, suivi de dysplasie n = 3 et surveillance de cancer du canal anal irradié sans récidive n = 3). Quatre-vingt dix neuf % des frottis étaient analysables (2 frottis acellulaires). Les résultats étaient exprimés selon la classification de Béthesda. Aucune lésion intra epithéliale de haut grade (HSIL : high-grade squamous intraepithelial lesion) n'était retrouvée. Quatre lésions intra épithéliale de bas grade (LSIL : low-grade squamous intraepithelial lesion) étaient retrouvées ; toutes chez des patients infectés par le virus de l'immunodéficience humaine avec un antécédent de lésion condylomateuse, 40 frottis comportaient des lésions intra épithéliales de signification indeterminée (ASCUS : atypical squamous cells of undetermined significance) et 193 étaient normaux. La prévalence dans la population étudiée des LSIL était de 19% chez les hommes séropositifs pour le virus de l'immunodéficience humaine, et de 15% en cas d'antécédent de condylomes. Les facteurs associés à un frottis anormal (LSIL ou ASCUS) étaient l'antécédent de lésion condylomateuse anale OR 4.9 [2.1-11.5], la séropositivité pour le virus de l'immunodéficience humaine OR 4.0 [1.6-9.9] et le tabac OR 2.1 [1.1-11.5]. Chez la femme la fréquence des frottis anormaux n'était pas significativement augmentée en cas d'antécédent de conisation.
 

 Conclusion

Ce travail confirme la fréquence élévée des lésions intra épithéliales de bas grade chez l'homme séropositif pour le virus de l'immunodéficience humaine, mais également en cas d'antécédent de condylome ce qui confirme la nécessité d'un suivi régulier et d'un dépistage chez ces patients à risque. Cette étude souligne également l'association entre le tabac et les anomalies cytologiques anales ce qui a déjà été envisagé à l'échelon moléculaire (1) .
 

 Mots-clés :
Pathologie Anorectale
Dépistage, Prévention, Diagnostic
Epidémiologie (Sauf Cancer)
 Référence bibliographique :
Phillips Dh , Hewer A, Scholefield JH, Skinner P. Smoking-related DNA adducts in anal epithelium. mutation Research 2004;560:167-72.

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