© SNFGE, 2007
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Symptômes ORL et reflux gastro-osophagien (RGO) non acide. Etude en pH-impédancemétrie osophagienne de 24 heures chez des patients avec et sans traitement anti-sécrétoire
L. Benkhaldoun, S. Roman, A. Ropert, P. Pouderoux, U. Chaput, F. Mion, F. Zerbib

 Introduction

Il est admis que le RGO peut être responsable de manifestations ORL. Néanmoins, le rôle du reflux acide est discuté : la mise en évidence d'un RGO acide par endoscopie ou pH-métrie œsophagienne ne peut prédire la réponse au traitement et les études randomisées IPP vs. Placebo sont toutes négatives, suggérant le rôle possible du reflux non acide. Le but de cette étude était d'évaluer les caractéristiques du RGO acide et non acide détecté par pH-impédancemétrie chez des patients avec manifestations ORL possiblement liées au RGO.
 

 Patients et Méthodes

Ont été inclus dans cette étude rétrospective multicentrique française des patients présentant des symptômes ORL compatibles avec le diagnostic de RGO, chez qui des enregistrements ambulatoires de pH-impédancemétrie de 24 heures (Sandhill, CO, USA) ont été réalisés. L'analyse manuelle des tracés permettait de détecter puis caractériser les reflux acides (pH<4) et non acides c'est-à-dire les reflux peu acides (4 ≤ pH < 6,5) et peu alcalins (pH ≥ 6,5) selon la classification de Porto modifiée (Gut 2004 ; 53 : 1024-31). En raison du caractère prolongé des symptômes en cause, l'analyse de la concordance symptomatique n'était pas effectuée. Les valeurs normales obtenues chez des sujets sains sans IPP (Zerbib et al, APT 2005) et sous double dose d'IPP (Tutuian et al, DDW 2006) ont été utilisées pour les comparaisons. Les résultats sont exprimés en médianes (95ème percentile).
 

 Résultats

55 patients ont été inclus, 26 sans IPP (8 hommes ; âge moyen 50,3 ans), 29 avec IPP double dose (17 hommes ; 49,1 ans). Le symptôme le plus fréquent était les brûlures bucco-pharyngées. Dans le groupe sans IPP, 4 (15,3 %) patients avaient un reflux acide pathologique, dont 2 avaient un nombre élevé de reflux proximaux (remontant à plus de 15 cm au-dessus du SIO) ; 1 seul patient (3,8 %) avait un nombre anormal de reflux non acides. Dans le groupe avec IPP, 6 patients (20,7 %) avaient un nombre anormal de reflux totaux et 5 (17,2 %) avaient un nombre anormal de reflux proximaux. Seulement 4 patients (13,8 %) avaient un nombre élevé de reflux non acides (dont 2 avec reflux proximaux anormalement élevés) ; 4 patients avaient un reflux acide pathologique défini par une exposition acide > 5 % (n = 2) et/ou un nombre anormal d'épisodes de reflux acide (n = 3).
 

 Conclusion

Un reflux non acide pathologique est rarement observé chez les patients sous IPP présentant des manifestations ORL inexpliquées. La pH-impédancemétrie pourrait aider à identifier un petit sous-groupe de patients avec un nombre élevé de reflux non acides et/ou proximaux susceptibles d'avoir des symptômes en rapport avec un RGO.
 

 Mots-clés :
Reflux Gastrooesophagien
Oesophage

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