La présence d'une polypose glandulo-kystique dans la polypose adénomateuse familiale (PAF) est inversement corrélée à la présence d'une infection par H. pylori D. Moussata, A. Glehen, F. Berger, E. Cambau, J. Delchier, J. Saurin
Rationnel La présence d'une polypose glandulokystiques (PGK) fundique est une caractéristique généralement bénigne de la PAF. Des études récentes ont montré que les PGK sporadiques et la présence d'une infection à H. Pylori sont mutuellement exclusifs. Cette exclusion n'ayant jamais été recherchée dans la PAF, nous avons étudié la relation entre les signes directs ou indirects de l'infection par H. Pylori gastrique et la présence de PGK dans cette maladie.
Patients et Méthodes Cinquante patients consécutifs porteurs d'une PAF classique (> 100 polypes adénomateux colorectaux) ont été examinés par duodénoscopie de Septembre 2004 à Janvier 2006, (age moyen 40,8 ans, extrêmes 13-73 ans) et ont eu une évaluation semi-quantitative (en 4 catégories de absente à profuse) de la PGK, une recherche histologique et par PCR de H. Pylori, la recherche d'une atrophie et/ou d'une inflammation muqueuse gastrique par la réalisation de biopsies en 3 sites (antre, fundus, petite courbure fundique). Aucun patient ne prenait d'anti-sécrétoires gastriques au long cours.
Résultats La PGK était classée comme importante ou profuse (3-4) chez 23 (46 %) patients et absente ou peu importante (1-2) chez 27 (54 %, 7 patients sans polype visible du fundus). Une inflammation ou une atrophie antrale compatibles avec une infection par H Pylori était identifiée chez 12/50 (24 %) patients, 1 seul patient présentant une atrophie à la fois antrale et fundique (H. Pylori positif). Une infection par H. Pylori était identifiée en histologie chez 5 (10 %) patients et par PCR chez 7 (14 %, comprenant tous les cas positifs en histologie). Les seuls facteurs corrélés à la présence d'une PGK importante étaient l'absence d'H. Pylori en PCR et une histologie gastrique normale. Aucun autre facteur associé n'était identifié (tableau). Cinq (10 %) patients présentaient une dysplasie de bas grade sur des surélévations antrales sessiles visibles en endoscopie : la muqueuse antrale adjacente était normale en histologie dans tous les cas, et aucun n'était H. Pylori positif.
Discussion | Polypose glandulokystique | Peu importante (27 cas) | Importante (23 cas) | p | | H. Pylori positif (PCR) | 6 (22 %) | 1 (4 %) | 0,02 | | Inflammation ou atrophie antrale | 10 (37 %) | 2 (7 %) | 0,02 | | Dysplasie antrale | 3 (11 %) | 2 (9 %) | 0,57 | | Tumeur desmoide | 10 (37 %) | 12 (52 %) | 0,1 | | Stade II-IV de Spigelman | 16 (59 %) | 14 (61 %) | 0,56 |
Conclusion La PGK de la PAF, comme dans les cas sporadiques, est en général absente lorsqu'il existe une infection par H. Pylori ou des signes indirects de l'infection. De façon inattendue, et malgré le nombre limité de patients, la présence d'une dysplasie antrale paraît elle aussi indépendante de l'infection par H. Pylori.
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