© SNFGE, 2007
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Etude d'association entre les bactéries du genre Helicobacter et la récidive post-opératoire de maladie de Crohn : résultats d'une étude prospective multicentrique française
D. Laharie, C. Asencio, P. Bulois, A. Bourreille, J. Moreau, P. Bonjean, D. Lamarque, E. Pariente, J. Soulé, A. Charachon, J. Asselineau, F. Megraud, F. Zerbib

 Introduction

La maladie de Crohn (MC) est une affection dont la pathogénie fait intervenir des facteurs génétiques et microbiens. Les bactéries sont impliquées dans la survenue de la récidive post-opératoire (RPO) de la MC. Des études in vitro et chez l'animal suggèrent le caractère pathogène pour la muqueuse intestinale des bactéries du genre Helicobacter, particulièrement les Hélicobacters entéro-hépatiques (HEH). Les résultats rapportés dans la littérature sont discordants quant à la prévalence des HEH au cours des MICI. Le but de cette étude était de rechercher une association la RPO de la MC et les bactéries du genre Helicobacter détectées sur biopsies intestinales endoscopiques.
 

 Patients et Méthodes

Entre Juillet 2004 et Septembre 2006, une étude cas-témoin a été menée chez des sujets de 18 à 65 ans dans 11 centres français. Le groupe de cas (groupe MC) était constitué patients atteints de MC ayant eu une résection chirurgicale intestinale emportant l'ensemble des lésions macroscopiques au cours des 24 derniers mois et ayant une RPO endoscopique définie par un score de Rutgeerts ≥ 1. Le groupe témoin (groupe T) était constitué de sujets ayant une coloscopie de dépistage de polypes ou cancers colo-rectaux. A l'inclusion étaient réalisés : 1). Génotypage CARD15 ; 2). Sérologie Helicobacter pylori (H. Pylori) (IgG en ELISA) ; 3). Biopsies intestinales sur 2 sites (4 biopsies par site) lors de l'iléo-coloscopie (en amont et en aval de l'anastomose pour le groupe MC et dans le colon droit et le colon gauche dans le groupe T), destinées à une mise en culture bactériologique et à une analyse en PCR à partir des ADNr 16S bactériens puis par PCR pour le genre Helicobacter. En cas de positivité, des PCR spécifiques d'espèces (H. Pylori et H. Pullorum), un séquençage et une électrophorèse sur gel de gradient dénaturant (DGGE) étaient réalisés. Sur la base d'une étude pilote, nous avons fait l'hypothèse d'un odds-ratio de 2,6 nécessitant l'inclusion de 81 patients par groupe.
 

 Résultats

Parmi les 177 patients inclus, seuls 161 étaient analysables (8 exclus dans le groupe MC et 8 dans le groupe T) : 74 dans le groupe MC (dont 44F ; âge moyen 38 ± 12 ans) et 87 dans le groupe T (dont 50F ; âge moyen : 53 ± 9 ans). Des mutations de CARD15 étaient présentes chez 48% des MC et 24% des T. La sérologie H. Pylori était positive chez 45% des MC et 43% des T. Les cultures bactériologiques étaient toutes négatives. La PCR C 97/C98, spécifique du genre Helicobacter, était positive dans les biopsies intestinales de 45% des MC et de 41% des T. Les PCR spécifiques et/ou le séquençage permettaient de détecter H. Pylori ainsi que des HEH dans les 2 groupes. Les espèces identifiées étaient H. Pullorum et/ou H. Canadensis. Les analyses complémentaires en DGGE sont en cours.
 

 Conclusion

Les résultats préliminaires suggèrent que des HEH, tels que H. Pullorum et H. Canadensis sont mis en évidence au cours de la RPO de MC et chez les témoins. Le degré d'association entre HEH et RPO de la MC sera déterminé en fonction des résultats définitifs de la DGGE et de l'analyse statistique qui seront obtenus début 2007. Etude financée par le PHRC 2003.
 

 Mots-clés :
Infections Gastro-Intestinales
Maladies Inflammatoires Intestinales : Fondamental,Etiologie, Génétique

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