Répartition géographique des Maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin (MICI) en France à l'échelle de la zone d'emploi V. Nerich, E. Monnet, A. Weill, N. Vallier, V. Vanbockstael, G. Auleley, H. Allemand, C. Balaire, P. Duboz, F. Carbonnel
Introduction Introduction : les études d'épidémiologie géographique peuvent orienter la recherche de facteurs de prédisposition aux MICI et repérer des inégalités de prise en charge. La répartition géographique des MICI en France a été étudiée par région et par département mais pas par zone d'emploi, échelle beaucoup plus fine et ne dépendant pas d'un découpage administratif. Le territoire français peut être, en effet, découpé selon l'INSEE en 348 zones d'emploi constituant chacune un espace géographique à l'intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent et pour lesquelles on dispose de données économiques, démographiques et sanitaires.
Matériels et Méthodes Les patients pour lesquels une décision d'ALD pour une MICI avait été prononcée entre janvier 2000 et décembre 2002, par l'un des cinq régimes d'assurance maladie et résidant en France métropolitaine, ont été inclus. Ont été collectés : l'âge, le sexe, le code postal de résidence, le type de MICI. La représentation cartographique des risques relatifs lissés de la MC et de la rectocolite hémorragique (RCH) a été réalisée après modélisation par une approche bayésienne prenant en compte l'autocorrélation spatiale et la différence des niveaux de peuplement des zones d'emploi.
Résultats Sur la période étudiée, 14 213 patients sont entrés dans le dispositif d'ALD pour une MC (57% de femmes) et 12 452 pour une RCH (48% de femmes). Les taux d'incidence standardisés sur la population française pour 100 000 habitants sont de 8,1 [8,0-8,3] pour la MC et de 7,1 [7,0-7,3] pour la RCH. L'amplitude des variations de SIR était du même ordre dans la MC et la RCH (respectivement 0,80 à 1,43 et 0,72 à 1,37). Toutefois, à l'échelle de la zone d'emploi, un gradient nord-sud apparaissait clairement pour la MC (RR lissé significativement supérieur au RR moyen dans les zones d'emploi du Nord de la France et décroissant du nord au sud) mais pas pour la RCH.
Conclusion Cette étude nationale, effectuée à l'échelle de la zone d'emploi et utilisant les méthodes modernes de l'épidémiologie géographique montre une incidence de MC supérieure à celle de la RCH et un gradient nord sud pour la MC mais pas pour la RCH. Les corrélations avec les variables socioéconomiques, sanitaires et démographiques pour chaque zone d'emploi pourront être communiquées aux JFPD.
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