© SNFGE, 2007
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Lésions digestives par ingestion de caustiques : étude de 68 cas. Une prise en charge à adapter en fonction de l'agent chimique
J. de Korwin, M. Frédéric, R. Dournon, D. Ancel, M. Maignan, H. Lambert

 Introduction

L'ingestion de caustiques accidentelle ou pour tentative de suicide (TS) est fréquente en France. La gastroscopie est recommandée dans les 24 h pour le bilan lésionnel et pronostique et le choix thérapeutique.
 

 Patients et Méthodes

Nous avons étudié rétrospectivement la prise en charge de 68 patients consécutifs d'âge médian 43 ans, admis pour ingestion de caustiques entre 1998 et 2003, en évaluant l'intérêt de la gastroscopie (classification de ZARGAR) en fonction du type de caustiques. La gravité des lésions a été classée en modérée (absence, stades 1, 2a) ou sévère (stades 2b, 3a-b).
 

 Cas Clinique

L'eau de Javel (EDJ) était le principal caustique (n = 35, 51,5 %), suivie par la soude concentrée comme le DESTOP (n = 17, 25 %). La gastroscopie était réalisée 66/67 fois dans les 24 h après ingestion (TS 77 %) d'un (76%) ou plusieurs caustiques (12%), associée à des médicaments (12%) ou de l'alcool (4%). Au total, des lésions modérées/sévères/inclassées étaient observées : œsophage (43/22/2), estomac (44/18/5), duodénum (57/2/8). Les lésions étaient plus fréquemment modérées : en cas d'EDJ aussi bien dans l'œsophage que dans l'estomac (p = 0,008), et pour des volumes inférieurs à 150 ml (p = 0,01). Un seul des 13 patients ayant ingéré de l'EDJ diluée (pas de chirurgie) avait des lésions sévères (œsophage), découvertes chez 5/9 cas avec l'EDJ concentrée (chirurgie n = 3) et 1/12 sans concentration connue (chirurgie n = 1). Il n'y avait pas de différence d'évolution des patients ayant ingéré de l'EDJ avant et après le décret 2001-881diminuant la concentration en chlore actif. Les lésions étaient plus fréquemment sévères dans l'oesophage après ingestion de soude concentrée (p = 0,0003), suivie de chirurgie dans 9/17 cas. Les 4 autres patients opérés avaient ingéré de l'ammoniaque (n = 2/3) ou de l'HCl (n = 2/3). Au total, 3 patients (4,4%) sont décédés.
 

 Conclusion

) et acides forts.
 

 Mots-clés :
Diagnostique
Maladies Oesophagiennes (Hors Rgo)

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