Influence du traitement endoscopique premier sur les résultats du traitement chirurgical des pancréatites chroniques calcifiantes J. Chaix, I. Sielezneff, M. Ouaissi, N. Pirro, L. Heyries, J. Sahel, B. Sastre
Introduction Cette étude avait pour but - de déterminer les éventuels effets de la mise en place d'une prothèse pancréatique par voie endoscopique sur la survenue de complications chirurgicales postopératoires immédiates - d'apprécier l'effet du traitement endoscopique préopératoire sur les résultats précoces et tardifs des dérivations wirsungo-jéjunales, - déterminer les facteurs prédictifs de récidive douloureuse.
Matériels et Méthodes Quarante malades ont été inclus dans une étude rétrospective, le critère d'inclusion étant l'existence d'une PCC traitée par technique endoscopique de première intention puis secondairement opérée d'une dérivation wirsungo-jéjunale dans le même centre. Le critère principal d'évaluation du résultat thérapeutique était la persistance ou la disparition des douleurs abdominales.
Résultats 31 hommes et 9 femmes, d'âge moyen 46 4 ans ont été inclus dans ce travail. Le traitement endoscopique préopératoire consistait en une sphinctérotomie pancréatique (N = 28), la pose d'une prothèse pancréatique (N = 15), une sphinctérotomie biliaire (N = 15), la mise en place d'une prothèse biliaire (N = 10), la réalisation d'une kystoduodénostomie (N = 14), une lithothrie extracorporelle (N = 7), une dilatation duodénale (N = 2), une kysto-gastrostomie (N = 1). Tous les patients ont bénéficié secondairement d'une dérivation wirsungo-jéjunale, dont 8 réalisées isolément. La durée moyenne d'hospitalisation était de 13,2 8 jours, La mortalité opératoire était nulle, la morbidité générale était de 35 % dont 5 % de fistule pancréatique. Sur un suivi moyen de 50 mois, les malades étaient améliorés dans 84,4 %. Dans 56,3 % des cas il persistait des épisodes douloureux. Treize pour cent des malades avaient encore des poussées de pancréatite aiguë ; leur survenue était corrélée à la persistance de l'intoxication alcoolique (p < 0,05). Le taux de patients améliorés, ne prenant aucun traitement était de 69,4 %. Au terme du suivi, 4 patients étaient devenus diabétiques. Onze malades ont eu secondairement un nouveau traitement endoscopique (N = 6) et/ou chirurgical (N = 7) de leur PCC. La réalisation d'une splanchnicectomie trans-hiatale n'avait pas d'incidence sur la récidive douloureuse. L'absence de diabète préopératoire était corrélé à une mauvaise réponse au traitement chirurgical (p < 0,05). L'intubation du canal pancréatique principal par une prothèse avant l'intervention - augmentait la morbidité infectieuse de façon significative (p < 0,05) - permettait d'obtenir une meilleure sédation des douleurs sporadiques postopératoires (p < 0,05) - diminuait la fréquence des traitements endoscopiques et/ou chirurgicaux ultérieurs (p < 0,05).
Conclusion Ce Travail suggère que le traitement endoscopique d'une PCC peut être indiqué de première intention, sans compromettre les résultats tardifs de la dérivation wirsungo-jéjunale. L'intubation du canal pancréatique principal par une prothèse est associée à l'augmentation de la fréquence des complications septiques postopératoires.
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