© SNFGE, 2007
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Caractéristiques cliniques et épidémiologiques du reflux gastro-oesophagien nocturne : résultat d'une enquête auprès de 9649 patients
D. Lamarque, H. Moutaffian, M. Massuel, B. Lablache-Combier

 Introduction

Les manifestations nocturnes de reflux gastro-oesophagien (RGO nocturne) sont inconstamment rapportées par les patients et sont volontiers sous évaluées par les médecins. La caractérisation des facteurs cliniques ou épidémiologiques associés aux manifestations nocturnes permettrait au médecin de mieux individualiser ces patients parmi les sujets ayant un RGO. Le but de cette enquête était d'évaluer la prévalence et les caractéristiques cliniques et épidémiologiques des patients ayant un RGO nocturne par rapport à des patients ayant des symptômes exclusivement diurnes (RGO diurne).
 

 Matériels et Méthodes

L'enquête a été réalisée auprès de 1783 médecins généralistes qui devaient proposer un questionnaire à 7 patients consécutifs consultant pour RGO. Il était recueilli pour chaque patient : l'indice de masse corporelle (IMC), la consommation d'alcool et de tabac, les pathologies extra digestives évolutives. Concernant le RGO, il était noté la nature et l'horaire habituel de survenue des symptômes . La qualité de vie des patients était estimée par Le Reflux Qual Simplifié (RQS) gradé de 0 à 100. Les caractéristiques de deux groupes de patients étaient comparées. Les facteurs indépendamment associés au RGO nocturne étaient analysés par regression logistique. (Generalized Logits Model).
 

 Résultats

9649 patients ont été inclus (âge moyen 53,7 ans et 54,4 % d'hommes). L'IMC était supérieur à 25 chez 57,6 % des patients. Des comorbidités étaient présentes chez 45,6 %, d'origine pulmonaire dans 14,8 % des cas. Un pyrosis ou des régurgitations acides étaient notés chez 93,7 % des patients. Parmi les 4786 patients non traités, les symptômes survenaient plus de 3 fois par semaine dans 84,5 % des cas. Les manifestations de RGO survenaient la nuit chez 53,2 % des patients, et 27,3 % avaient des symptômes exclusivement nocturnes. Par rapport aux patients ayant un RGO diurne, ceux ayant un RGO nocturne avaient plus fréquemment un IMC > 25 (P<0,03), une consommation de tabac (p< 0,0001) ou excessive d'alcool (P = 0,0003), une toux chronique (23 % versus 16 % P<0,0001), de l' asthme (8 % versus 3 % ; P<0,0001) et des troubles du sommeil (59 % versus 23 % ; P< 0,0001). L'analyse par régression logistique associait de façon indépendante au RGO nocturne : les régurgitations acides (OR = 1,71 ; IC [1,47-1,99] ) ; les troubles du sommeil (OR = 4,27 ; IC [3,83-4, 77] ) ; la toux chronique (OR = 1,43 ; IC [1,26-1,61] ) et l'asthme (OR = 1,78 ; IC [1,38-2,30] ). Le score moyen RQS était significativement plus faible en cas de RGO nocturne (54) par rapport au caractère diurne (60 ; P<0,0001).
 

 Conclusion

Cette enquête montre sur un large effectif que les symptômes des patients souffrant de RGO nocturne sont caractérisés par la fréquence des troubles du sommeil et à un moindre degré des manifestations pulmonaires, à défaut d'autres facteurs cliniques ou épidémiologiques. Cette étude confirme que le RGO nocturne altére plus sévèrement la qualité de vie que le reflux diurne.
 

 Mots-clés :
Stratégie Clinique
Reflux Gastrooesophagien

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