© SNFGE, 2007
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résultats définitifs de l'étude de l'ANGH incluant plus de 3000 patients ayant une hémorragie digestive haute communautaire
H. Hagège, R. Faroux, I. Rosa Hezode, B. Bour, J. Latrive, A. Remy, C. Becker, P. Gower, J. Arpurt, J. Henrion, J. Denis, R. Vitte, G. Bellaiche, A. Pauwels, J. Seyrig, A. Pariente, L. Groupe Hdh de l'Angh

 Introduction

Les hémorragies digestives hautes (HDH) représentent l'une des principales urgences en hépato-gastroentérologie. Cette étude nationale avait pour objectifs de décrire les caractéristiques épidémiologiques actuelles des HDH communautaires, les pratiques professionnelles, les facteurs pronostiques de récidive hémorragique, ainsi que la morbidité et la mortalité hospitalière.
 

 Patients et Méthodes

Du 1er mars 2005 au 28 février 2006, dans 53 centres de l'ANGH, de façon exhaustive, les patients accueillis en urgence pour une HDH communautaire ont été inclus dans cette étude. De multiples données cliniques, biologiques ou endoscopiques ont été recueillis jusqu'à la sortie.
 

 Résultats

3194 patients ont été inclus dans l'étude : 2125 hommes et 1069 femmes, âgés de 63 ± 18 ans et 90 % d'entre eux venaient de leur domicile. Le mode de révélation de l'hémorragie était une hématémèse dans 58 % des cas. A l'arrivée, la pression artérielle systolique était de 120 ± 26 et la fréquence cardiaque de 94 ± 20/min. L'hémoglobinémie était de 9,2 ± 3,7 g/dl. Il existait un antécédent d'hémorragie digestive dans 23 % des cas et une cirrhose connue dans 32 % des cas. Avant l'HDH, 11% des patients prenaient des AINS, 28 % de l'aspirine ou des antiagrégants et 10 % des AVK. Lors de l'endoscopie initiale réalisée avec une aide spécialisée dans 69 % des cas, il existait des stigmates de saignement récent chez 57 % des patients. La cause de l'hémorragie a été attribuée à une maladie ulcéreuse dans 39 % des cas, une hypertension portale dans 27 % cas, une œsophagite ou un syndrome de Mallory Weiss dans 23 % des cas, un cancer œsophagien ou gastrique dans 4 % des cas et à une autre lésion dans 8 % des cas. Le score de Rockall était en moyenne de 5,0 ± 2,4. Durant l'endoscopie des gestes d'hémostase ont été pratiqués pour 28 % des patients. Une transfusion de 3,8 ± 2,7 culots a été réalisée chez 63 % des patients. Une récidive hémorragique est survenue chez 10 % des patients. Une deuxième endoscopie a été réalisée dans 28 % des cas et seuls 3 % des patients ont été opérés. En analyse multivariée, les facteurs prédictifs significatifs de récidive hémorragique étaient : transfusion p<0,0001, absence de traitement par antiagrégants ou aspirine p<0,01, pression artérielle systolique p<0,0001, hémoglobinémie p<0,0001et score de Rockall p<0,0001. Des complications sont survenues chez 22 % des patients et la mortalité hospitalière était de 8,4 %. En analyse multivariée, les facteurs prédictifs significatifs de décès étaient : cirrhose p<0,01, pression artérielle systolique p<0,0001, hémoglobinémie p<0,001et score de Rockall p<0,0001.
 

 Conclusion

La maladie ulcéreuse reste la première cause d'HDH communautaire, mais les hémorragies liées à l'hypertension portale deviennent plus fréquentes et sont de moins bon pronostic. Alors que le score de Rockall des patients inclus dans cette étude est élevé, les récidives hémorragiques et la mortalité sont faibles. Cette amélioration du pronostic est probablement liée aux gestes d'hémostase plus fréquemment réalisés lors de l'endoscopie initiale et aux traitements médicamenteux utilisés actuellement.
 

 Mots-clés :
Hémorragie Digestive
Epidémiologie (Sauf Cancer)
Estomac - Duodénum

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