Incidence des Maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin dans le Nord-Pas-de-Calais:variations géographiques et lien avec la défaveur sociale. Incidence of Inflammatory Bowel disease in Nord-Pas-de-Calais region:geographic and affluence variations C. Declercq, G. Vernier-Massouille, M. Baldé, C. Gower-Rousseau, G. Poirier, R. Marti, A. Cortot, J. Colombel, J. Salomez
Objectif L'incidence des maladies inflammatoires chroniques de l'intestion et surtout celle de la maladie de Crohn est croissante en Europe et aux États-Unis. Des variations géographiques et sociodémographiques de l'incidence de ces maladies ont été rapportées. Depuis 1988, un registre en population générale recueille tous les nouveaux cas de maladie de Crohn et de rectocolite hémorragique dans 4 départements du Nord-Ouest de la France. Le but de cette étude était l'analyse, dans 2 de ces départements, des variations géographiques de l'incidence de ces deux pathologies et leur lien avec la défaveur sociale.
Patients et Méthodes Les données concernant tous les patients diagnostiqués entre le 1er janvier 1990 et le 31 décembre 1999 et domiciliés dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais (4 millions d'habitants) ont été extraites du registre. Le rapport standardisé d'incidence a été calculé pour chacun des 170 cantons de la région (population de 5 000 à 212 000 habitants), en utilisant les taux par sexe et par âge de la région comme référence. Les variations géographiques ont été analysées à l'aide de modèles hiérarchiques bayésiens. Pour analyser le lien avec la défaveur sociale, l'indice de Townsend de chaque canton a été introduit dans le modèle hiérarchique.
Résultats 2582 cas incidents de maladie de Crohn et 1637 cas de rectocolite hémorragique ont été diagnostiqués dans la region Nord-Pas-de-Calais pendant la période étudiée, soit un taux brut d'incidence cumulée de 6,5 pour 100 000 pour la maladie de Crohn et de 4,1 pour 100 000 pour la rectocolite hémorragique. Le nombre cumulé moyen de cas par canton était de 15,2 (étendue : 1-123) pour la maladie de Crohn et de 9,6 (0-69) pour la rectocolite hémorragique. Une hétérogénéité et une autocorrélation spatiales significatives ont été observées pour les deux maladies. Les résultats des modèles hiérarchiques bayésiens ont permis d'observer des risques relatifs plus élevés dans les cantons ruraux et péri-urbains du sud de la région pour les deux maladies. Le risque relatif de rectocolite hémorragique était significativement moins élevé dans les cantons les plus défavorisés. Le risque relatif de maladie de Crohn ne variait pas de manière significative avec l'indice de Townsend.
Conclusion Ce travail constitue, à ce jour, la plus large étude sur les variations géographiques de l'incidence des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin à une échelle géographique fine Il a permis d'observer des variations géographiques significatives des incidences de maladie de Crohn et de rectocolite hémorragique à l'échelle cantonale. L'incidence est plus élevée dans les cantons ruraux et périurbains du sud de la région pour les deux maladies et dans les cantons les moins défavorisés pour la rectocolite hémorragique. Ces résultats suggèrent d'étudier l'influence de facteurs environnementaux et sociodémographiques sur ces variations.
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