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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Les oesophagites à éosinophiles : aspects cliniques, endoscopiques et évolutifs à propos d'une série de 20 cas
H. Lamouliatte, F. Zerbib, V. Thétiot-Lasserre, G. Belleannée

 Objectif

Décrite en 1978 (1), longtemps méconnue, l'oesophagite à éosinophiles (OE) est de plus en plus souvent diagnostiquée (2). Le but de cette étude était de préciser les aspects cliniques, endoscopiques et évolutifs des OE.
 

 Patients et Méthodes

du 1/10/03 au 30/09/06, tous les malades avec dysphagie chronique et/ou impaction alimentaire et/ou sténose oesophagienne inexpliquées ont eu un examen endoscopique soigneux sous anesthésie générale et des biopsies oesophagiennes étagées avec comptage des éosinophiles à G x 400 : le diagnostic d'OE était affirmé par la présence d'une infiltration dense à éosinophiles de l'épithélium oesophagien supérieure à 24 par champ. Le bilan comportait : la recherche d'épisodes antérieurs de blocages alimentaires, la recherche d'ATCD et/ou de manifestations allergiques, un bilan pneumo-allergologique, un dosage des éosinophiles sanguins, des biopsies gastriques et duodénales, un transit oesophagien en cas de sténose serrée. Les malades étaient revus tous les 3 à 6 mois en consultation et/ou en endoscopie en fonction de leur traitement, médical et/ou endoscopique.
 

 Résultats

20 malades ont été inclus : 15 hommes (75 %), de 35,8 ans d'âge moyen (extrêmes 17 - 68). Tous les malades avaient une dysphagie évoluant en moyenne depuis 6,1 ans (extrêmes 1 - 22). L'OE a été découverte 11 fois (55 %) à l'occasion de l' impaction d'un corps étranger (10 fois alimentaire). Une notion d'allergie a été retrouvée 14 fois (70 %), aérienne (13 fois) et/ou alimentaire (2 fois) et/ou médicamenteuse (2 fois). Aucun malade n'avait de maladie associée ni de RGO sévère. Il existait 9 fois (45 %) une hyper-éosinophilie sanguine, 3 fois supérieure à 1000/mm3 et 6 fois supérieure à 500/mm3. La triade corps étranger-allergie-hyper-éosinophilie a été retrouvée 8 fois. Les aspects endoscopiques associaient : une sténose serrée, des anneaux concentriques pouvant donner un aspect pseudo-trachéal, des sillons longitudinaux +/- profonds, +/- longs, +/- nombreux, un aspect de pavage de la muqueuse, des enduits et/ou dépôts blanchâtres parfois importants, parfois pseudo-candidosiques, une fragilité de la muqueuse avec détachement de lambeaux à la biopsie évoquant une oesophagite disséquante (5 fois). Le nombre des éosinophiles à G x 400 était toujours supérieur à 24, 8 fois supérieur à 50, 4 fois supérieur à 100. Les biopsies gastro-duodénales étaient normales. La radio montrait un œsophage fin et tubulé sur toute sa longueur. 9 malades ont été traité par dilatations (de 1 à 4), 7 par fluticasone et 5 par montélukast. Avec un recul moyen de 17,8 mois (extrêmes 1-36), l'évolution a été bonne chez 15 des 20 (75 %) malades, les autres restant gênés par leur dysphagie surtout en cas de réduction importante du calibre ooesophagien.
 

 Conclusion

L'oesophagite à éosinophiles doit toujours être recherchée en cas d'impaction de corps étranger alimentaire et/ou de dysphagie chronique inexpliquée. Les aspects endoscopiques sont évocateurs mais peuvent être trompeurs soulignant l'intérêt des biopsies oesophagiennes étagées systématiques.
L'évolution est le plus souvent favorable mais une dysphagie chronique persistante est possible.
 

 Mots-clés :
Maladies Oesophagiennes (Hors Rgo)
 Référence bibliographique :
Landres RT et al Gastroenterology 1978; 74: 1298
Straumann A et al Gastroenterology 2003; 125: 1660

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