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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Augmentation du risque de tumeurs colorectales chez les apparentés du premier degré de patients atteints d'un gros adénome : étude cas-témoins
V. Cottet, A. Pariente, B. Nalet, J. Lafon, C. Milan, S. Olschwang, C. Bonaïti-Pellié, J. Faivre, C. Bonithon-Kopp

 Objectif

Alors qu'il est désormais admis que les parents du premier degré de patients ayant un cancer colorectal ont un risque élevé de tumeurs colorectales, le risque encouru par les parents de sujets atteints de gros adénomes est moins bien établi. Cette étude avait pour objectif de comparer la prévalence des adénomes et des cancers dans cette population à risque potentiel et dans une population témoin de patients consultant dans des centres d'endoscopie digestive des hôpitaux généraux.
 

 Patients et Méthodes

L'étude GEADE est une étude des facteurs génétiques de prédisposition aux adénomes colorectaux réalisée dans 18 unités de gastroentérologie de l'ANGH. Les cas index étaient 306 malades porteurs d'un adénome ≥1 cm. Une enquête familiale réalisée chez ces patients a permis de recenser 674 apparentés au premier degré, âgés de 40 à 75 ans, qui étaient contactables par le cas index pour leur proposer une coloscopie. La population témoin était constituée des 1362 patients âgés de 40 à 75 ans ayant eu une coloscopie pour symptômes mineurs pendant la même période dans les centres, sans maladie grave de l'intestin et sans antécédent personnel ou familial de tumeurs colorectales. Les 168 apparentés examinés par coloscopie ont été appariés selon l'âge, le sexe, et la région à 2 témoins (n = 307) tirés au sort. La prévalence des tumeurs colorectales a été comparée entre apparentés et témoins au moyen de la régression logistique conditionnelle et non conditionnelle avec ajustement sur les variables d'appariement.
 

 Résultats

La prévalence globale des tumeurs colorectales était respectivement de 22,6% et de 16,3% chez les apparentés et les témoins. Après ajustement sur les variables d'appariement, les odds ratios (OR) [intervalle de confiance à 95 %] étaient de 1,56 [0,96-2,53], p = 0,075 pour l'ensemble des tumeurs colorectales, de 2,27 [1,01-5,09], p = 0,047 pour l'ensemble cancers et gros adénomes, et de 1,21 [0,68-2,15], p = 0,522 pour les petits adénomes. Le risque de tumeurs colorectales chez les apparentés était plus élevé quand le cas index avait moins de 60 ans, (OR : 3,01, p = 0,016). D'autre part, le risque de cancer colorectal ou de gros adénome était plus élevé quand le cas index était de sexe masculin (OR : 4,01, p = 0,008), avait moins de 60 ans (OR : 3,82, p = 0,066) et avait un gros adénome de siège distal plutôt que proximal (OR : 3,14, p = 0,014).
 

 Conclusion

Les apparentés au premier degré de patients atteints de gros adénomes ont un risque accru de développer un cancer ou un gros adénome colorectal par rapport aux témoins. Ces résultats devraient aider à la définition d'une stratégie de dépistage appropriée dans cette population à risque élevé.
 

 Mots-clés :
Côlon - Rectum
Epidémiologie
Dépistage, Prévention, Diagnostic

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