Les taux d'ARNm des récepteurs activés par les protéases-1 et -3 sont augmentés dans la muqueuse inflammatoire colique au cours des Maladies Inflammatoires Chroniques Intestinales R. Gloro, M. Coëffier, S. Allouche, S. Sofos, G. Savoye, E. Lerebours, P. Déchelotte, P. Ducrotté, J. Reimund
Introduction Des données récentes suggèrent qu'une famille de récepteurs couplés aux protéines G, les récepteurs activés par les protéases (PAR) pourraient jouer un rôle dans la régulation de la réponse inflammatoire et immunitaire digestive. Chez l'Homme, quatre récepteurs hPAR (hPAR-1 à hPAR-4) ont été identifiés au niveau des entérocytes, des neurones myentériques et sous-muqueux, des cellules musculaires lisses ou des mastocytes digestifs. Deux équipes ont rapporté une augmentation de hPAR-1 [1] et de hPAR-2 [2] dans la muqueuse colique inflammatoire de malades atteints de maladie de Crohn (MC) [1] ou de rectocolite hémorragique (RCH) [2]. Les objectifs de notre étude étaient de comparer les taux d'ARN messagers (ARNm) de hPAR-1, -2, -3 et -4 dans la muqueuse colique inflammatoire de patients atteints de maladie inflammatoire chronique intestinale (MICI) à ceux en muqueuse saine des mêmes malades et de témoins sains, et d'étudier la relation entre les taux d'ARNm des hPAR et l'inflammation intestinale évaluée par le dosage de la calprotectine fécale.
Patients et Méthodes Vingt-deux sujets ont été inclus (9 RCH, 8 MC et 5 témoins sains). Au cours d'une coloscopie, des biopsies coliques étaient prélevées pour quantification des taux d'ARNm de hPAR-1, -2, -3 et -4 par PCR en temps réel. Chez tous les patients atteints de MICI, des biopsies coliques ont été réalisées en zone macroscopiquement inflammatoire. Des biopsies complémentaires en zone macroscopiquement saine ont pu être réalisées chez 11 de ces 17 patients (6 MC et 5 RCH). L'inflammation intestinale était évaluée par dosage de la calprotectine fécale par une technique ELISA.
Résultats Chez les patients atteints de MICI ayant eu des biopsies en zones macroscopiquement inflammatoire et saine, les taux d'ARNm de hPAR-1 et -3 étaient augmentés en muqueuse colique inflammatoire (respectivement p<0,05 et p = 0,001) par rapport à la muqueuse saine. Il existait également une augmentation significative des taux d' ARNm de hPAR-1 et -3 dans la muqueuse inflammatoire de ces patients comparés à ceux des témoins sains (respectivement p<0,01 et p = 0,001), sans différence entre muqueuse saine des MICI et muqueuse saine des témoins. Il n'y avait pas de différence entre les taux d' ARNm de hPAR-2 et -4 entre les différents groupes étudiés. Par ailleurs, les taux d'ARNm de hPAR-1 et -3 étaient significativement corrélés à la calprotectine fécale (respectivement p<0,01 et p<0,001).
Conclusion Ce travail confirme l'augmentation de l'expression de l'ARNm de hPAR-1 dans la muqueuse colique inflammatoire au cours des MICI. De plus, il s'agit du premier travail montrant une augmentation des taux d' ARNm de hPAR-3 dans cette situation. L'implication probable de hPAR-3 dans la pathogénie des MICI suggère qu'il pourrait être une nouvelle cible thérapeutique potentielle. Des travaux complémentaires nécessitent d'être réalisés pour préciser le rôle de hPAR-1 et hPAR-3 dans la physiopathologie des MICI. Etude réalisée grâce à une bourse de l'IRMAD et une aide financière du laboratoire IPSEN BEAUFOUR.
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