© SNFGE, 2007
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Anomalies de la fonction artérielle et syndrome d'apnée du sommeil chez l'enfant obèse
B. Dubern, Y. Aggoun, M. Boulé, L. Dibo-Cohen, D. Bonnet, P. Tounian

 Introduction

La présence d'un syndrome d'apnée du sommeil (SAS) est associée chez l'adulte obèse à un risque cardiovasculaire augmenté, indépendamment de celui lié à l'obésité. A ce jour, aucune étude cherchant à évaluer ce risque chez l'enfant n'a été réalisée. Le but de ce travail était de rechercher une relation entre la présence d'un SAS et l'existence d'anomalies de la fonction artérielle chez l'enfant obèse.
 

 Patients et Méthodes

48 enfants (31F, 12,2 ± 2,3 ans) ayant une obésité sévère (z-score de l'IMC 4,9 ± 1,2DS) ont eu une polysomnographie avec mesure des index de désaturations (ID) et d'événements respiratoires ou IER (nombre d'apnées et/ou d'hypopnées par heure). Les critères de gravité retenus étaient un ID > 10/h et un IER > 10/h. Au site artériel carotidien, ont été mesurés par échographie vasculaire de haute résolution la compliance (CA) et la distensibilité (DA) artérielles et le module élastique incrémentiel (Meinc). Au site artériel brachial, la fonction endothéliale a été évaluée par la vasodilatation induite par l'hyperhémie (endothélium-dépendante) et la trinitrine (VIT, endothélium-indépendante).
 

 Résultats

(moy ± DS) : 23 (48 %) enfants avaient un ID > 10/h et 6 (13 %) un IER > 10/h. Les TA systolique (123 ± 13 vs 115 ± 11 mm Hg, p = 0,02) et diastolique (66 ± 11 vs 60 ± 9 mmHg, p = 0,05), le Meinc (3233 ± 253 vs 2302 ± 237 mm Hg, p = 0,01) et la VIT (17,9 ± 4,6 vs 14,8 ± 4,3 %, p = 0,04) étaient significativement plus élevés en cas d'ID > 10/h après ajustement pour l'âge, le sexe, l'IMC, l'insuline et la leptine à jeun. Il n'y avait pas de différence significative pour l'IER. En analyse univariée, le Meinc (r = 0,17 ; p = 0,05) et la VIT (r = 0,3, p = 0,01) étaient significativement corrélés avec l'ID après ajustement pour l'âge, le sexe, l'insuline et la leptine à jeun. Cette corrélation restait positive en analyse multivariée avec l'IMC en variable indépendante supplémentaire : VIT (p = 0,01), Meinc (p = 0,04).
 

 Conclusion

Nos données montrent que la présence de signes polysomnographiques de SAS chez l'enfant obèse s'accompagne d'anomalies de la fonction artérielle, indépendantes de celles induites par l'obésité. L'augmentation plus importante de la vasodilatation provoquée par la trinitrine suggère que ces anomalies sont probablement la conséquence d'une hypertension artérielle, possiblement liée à une vasoconstriction hypoxique. Ces résultats incitent à accorder davantage d'attention au SAS chez l'enfant souffrant d'une obésité sévère.
 

 Mots-clés :
Nutrition Clinique

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