© SNFGE, 2007
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Chimiothérapie orale par Témozolomide : un nouveau traitement pour les patients ayant une tumeur endocrine métastatique du tube digestif ?
F. Maire, L. Yapur, P. Hammel, S. Faivre, O. Hentic, P. Lévy, E. Raymond, P. Ruszniewski

 Introduction

L'efficacité des chimiothérapies (CT) systémiques est modeste chez les patients ayant une tumeur endocrine métastatique du tube digestif. Le témozolomide (Temodal®) est un cytotoxique alkylant ayant le même mécanisme d'action que la dacarbazine, mais moins toxique que celle-ci et d'administration orale.
But : Evaluer la tolérance et l'efficacité du témozolomide chez les patients ayant une tumeur endocrine digestive métastatique.
 

 Patients et Méthodes

Les patients ayant une tumeur endocrine métastatique du tube digestif et ayant reçu une chimiothérapie par témozolomide étaient étudiés de façon rétrospective. Tous les malades avaient une tumeur progressive (selon les critères RECIST) lors de la décision en réunion de concertation multidisciplinaire de débuter cette chimiothérapie. Le statut OMS était ≤ 2 et il n'existait pas de comorbidité majeure. Le Temodal était administré à la dose de 150 mg/m2 de J1 à J5 tous les 28 jours. Les critères d'évaluation étaient la toxicité de la chimiothérapie, la survie sans progression et la survie globale.
 

 Résultats

Treize malades (4 femmes, 9 hommes), d'âge médian 64 ans (56 - 77), étaient étudiés. La tumeur primitive, localisée à l'intestin grêle (n = 9) ou au rectum (n = 2) avait été réséquée. Deux patients n'avaient pas de tumeur primitive extra-hépatique identifiée. L'histologie montrait une tumeur endocrine bien (n = 12) ou moyennement (n = 1) différenciée. Onze patients avaient eu antérieurement une chirurgie des métastases hépatiques (n = 3), une chimioembolisation (n = 8) et/ou une chimiothérapie systémique (n = 9). Le nombre médian de cycles de chimiothérapie administré était de 4 [extrêmes : 3 - 9]. La principale toxicité était hématologique : thrombopénie grade II (n = 3) et neutropénie grade III (n = 2). Aucun décès toxique n'était observé. Lors de la première évaluation, la tumeur était stable chez 10 patients, en progression chez 2 patients et non évaluable chez 1 patient. La durée médiane de stabilisation était de 13 mois (extrêmes : 2 - 19). La survie sans progression et la survie globale étaient respectivement de 73 % et 84 % à 1 an.
 

 Conclusion

La chimiothérapie orale par Temodal® est bien tolérée chez les patients ayant une tumeur endocrine métastatique du tube digestif, y compris chez ceux ayant déjà reçu 1 ou plusieurs lignes de traitement. Elle permet, chez des malades avec une progression tumorale, d'observer une stabilisation dans 77 % des cas. Ces résultats incitent à proposer une étude prospective de phase II.
 

 Mots-clés :
Traitement, Pronostic
Tumeurs Endocrines

Envoyer à un ami Imprimer
© SNFGE, 2007