© SNFGE, 2007
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Erreurs diagnostiques chez les malades opérés pour une tumeur intra-canalaire papillaire et mucineuse pancréatique (TIPMP) : influence de l'expérience du centre et du remplacement de la pancréatographie rétrograde endoscopique (PRE) par l'IRM
M. Bouattour, V. Rebours, F. Maire, M. Vullierme, A. Couvelard-Benveniste, O. Hentic, O. Corcos, A. Pelletier, A. Cortes, A. Sauvanet, J. Belghiti, P. Levy, P. Ruszniewski, P. Hammel

 Introduction

Le diagnostic préopératoire des TIPMP est parfois difficile. Les erreurs diagnostiques peuvent conduire à réaliser une pancréatectomie non justifiée. L'influence des modifications du bilan d'imagerie préopératoire et de l'expérience des équipes prenant en charge ces malades ne sont pas connus. Buts de l'étude : analyser le taux d'erreurs diagnostiques au cours de deux périodes consécutives (1996-2000 et 2001-2006) pour étudier l'influence de l'expérience du centre et du remplacement de la PRE par l'IRM.
 

 Patients et Méthodes

Les données cliniques, morphologiques et histologiques des patients opérés pour suspicion de TIPMP (1996-2006) ont été étudiées rétrospectivement. Le bilan préopératoire comprenait une scanographie et une échoendoscopie (EE) systématiques. Avant 2001, une PRE était réalisée ; elle était ensuite remplacée par l'IRM. Une biopsie sous EE était proposée en cas de doute diagnostique.
 

 Résultats

Deux cent dix neuf malades (108 H, 111 F, âge médian 61 ans (21-78) ) ont été opérés pour suspicion de TIPMP. Le diagnostic était fait à l'occasion de douleurs ou d'une pancréatite aiguë dans 70 % des cas. La découverte était fortuite dans 11 % des cas. La chirurgie consistait en une DPC (59 %), une pancréatectomie gauche (± splénectomie) (20 %) ou un autre type de résection (21 %). Parmi les 205 malades ayant une TIPMP vraie, le canal principal était atteint dans 70 % des cas et une atteinte isolée des canaux secondaires (CS) était présente dans 30 % des cas. Un adénocarcinome infiltrant était retrouvé dans 28 % des cas. L'examen histologique final infirmait le diagnostic de TIPMP chez 14 malades (6 %).Chez ces derniers, le diagnostic était le suivant : pancréatite chronique (n = 4), transformation kystique des acini (n = 3), tumeur endocrine (n = 3), pancréatite ischémique (n = 1), polykystose (n = 1), pseudokyste (n = 1) ou cystadénome séreux (n = 1). Il n'y avait pas de différence concernant les caractéristiques cliniques, morphologiques et le type de bilan préopératoire réalisé entre les malades ayant une « pseudo-TIPMP » et ceux ayant une TIPMP vraie, en dehors d'un âge plus jeune chez les premiers (52 vs 62 ans p = 0,001). Analyse par périodes : avant 2001, un diagnostic erroné était posé chez 8 des 76 malades (11 %), et après 2001, chez 6 des 143 malades (4 %) opérés (p = 0,003). Les caractéristiques des malades, de leurs lésions et du type d'intervention n'étaient pas différentes entre les deux périodes. Avant 2001, une PRE et une biopsie préopératoire étaient réalisées chez 78 % et 64 % des patients, et après 2001, chez 15 % et 38 % des patients, respectivement (p = 0,0001). Une IRM était réalisée chez 13 % des patients avant 2001 et chez tous les patients après 2001 (p = 0,0001).
 

 Conclusion

1) le taux d'erreur diagnostique a diminué avec le temps, alors que le bilan préopératoire comportait moins d'examens invasifs (biopsie, PRE) après 2001 ; 2) malgré l'absence de comparaison directe, nos résultats suggèrent que l'IRM peut remplacer la PRE chez les malades suspects de TIPMP.
 

 Mots-clés :
Fonction Exocrine Acinaire Et Canalaire
Pancréas Exocrine
Diagnostique

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