© SNFGE, 2007
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Impact de la prise en charge de l'incontinence anale sur les symptômes et la qualité de vie (Observatoire ORALIA)
H. Damon, C. Martinella, J. Faucheron, X. Barth, M. Fayard, L. Siproudhis, L. Abramowitz, A. Tarreiras, G. Valancogne, A. Schott, C. Colin, F. Mion

 Rationnel

L'efficacité des différentes thérapeutiques de l'incontinence anale (IA) chez l'adulte en dehors des essais cliniques reste mal connue. L'objectif de cette étude était d'évaluer l'impact de la prise en charge de l'IA chez les patients inclus dans l'Observatoire Rhone-Alpin de l'Incontinence Anale (ORALIA).
 

 Patients et Méthodes

Un auto-questionnaire de suivi a été adressé par voie postale à 587 patients constituant la cohorte d'ORALIA, 12 mois après leur inclusion, afin de connaître les modalités de prise en charge et le devenir en terme de symptômes et de qualité de vie. Les résultats préliminaires présentés ici portent sur 264 dossiers complets, pour un taux global de réponse de 45 %.
 

 Résultats

Le traitement était laissé au libre arbitre du spécialiste (médecin ou chirurgien) ayant inclus le patient dans l'observatoire : 65 patients (25 %) ont eu une prise en charge médicale standard (régime et traitement médical) ; 101 patients (38 %) ont été traités par rééducation anopérinéale (RAP), 42 (16 %) ont été opérés, et 56 ont été traités par implantation d'un système de neuromodulation des racines sacrées (NMS) (21 %). La moyenne du score d'incontinence de Jorge et Wexner était significativement différente d'un groupe de traitement à l'autre avant la prise en charge du patient (11 ± 4 pour le traitement médical ; 10 ± 3 pour la RAP ; 12 ± 3 pour la chirurgie et 15 ± 3 pour la NMS ; p < 0,0001). A 12 mois, le score symptomatique moyen de Jorge et Wexner était significativement amélioré pour les patients pris en charge par RAP (10 ± 3 vs 9 ± 5 ; p < 0,0001), par chirurgie (12 ± 3 vs 11 ± 5 ; p = 0,04) et par NMS (15 ± 3 vs 9 ± 5 ; p < 0,0001), mais pas pour les patients recevant un traitement médical. En considérant une amélioration du score de Jorge et Wexner > 40 % comme une réponse clinique significative, 28 % des patients étaient améliorés après traitement médical, 26 % après RAP, 19 % après chirurgie et 41 % après NMS.
La qualité de vie, évaluée par le score GIQLI, était également améliorée après RAP (87 ± 26 vs 90 ± 25 ; p = 0,026), après chirurgie (80 ± 25 vs 87 ± 24 ; p = 0,008) et après NMS (73 ± 19 vs 85 ± 21 ; p = 0,0003) (valeur moyenne du GIQLI chez les sujets sains : 126/144), mais pas après traitement médical standard.
 

 Conclusion

Dans cette cohorte de patients avec une IA en général sévère, la prise en charge thérapeutique adaptée selon les pratiques actuelles n'améliore significativement les symptômes que dans 20 à 40 % des cas. Le traitement médical standard semble peu performant, notamment sur la qualité de vie. L'impact des traitements dans la prise en charge de l'IA semble insuffisant pour une majorité de patients, et pourrait être amélioré par l'identification des facteurs de bonne réponse aux différents traitements, ce qui permettrait de définir un algorithme décisionnel plus précis.
 

 Mots-clés :
Stratégie Clinique
Côlon Et Anorectum

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