Une anse alimentaire de longueur constante dans un by-pass gastrique pour le traitement de l'obésité morbide serait une cause d'échec de la chirurgie bariatrique R. Sarkis, R. Medlej, N. Zalaket, E. Chédid
Introduction Le by-pass gastrique est le traitement chirurgical de choix de l'obésité morbide, surtout si l'index de masse corporel (IMC) est supérieur à 50, en cas de diabète, ou chez le consommateur de douceurs. L'anse alimentaire est régulièrement de 2 m de longueur. La perte de l'excès de poids (PEP) est variable, allant de la perte insuffisante de poids jusqu'à la malabsorption et la dénutrition. L'objectif de ce travail était d'étudier le rapport entre la PEP et l'état nutritionnel du malade, en fonction de la longueur intestinale totale, et l'effet des facteurs épidémiologiques isolés sur la PEP.
Patients et Méthodes C'est une étude prospective faite chez des malades obèses (n = 20), dont 11 femmes et 9 hommes, qui avaient une obésité morbide (IMC entre 38 et 66), opérés d'un by-pass gastrique (anse alimentaire = 2 m, anse bilio-pancréatique = 30 à 50 cm). La mesure de la longueur intestinale totale et de l'anse commune était faite. La PEP était évaluée à 2 ans, le rapport de la PEP et de la longueur intestinale était étudié. L'effet des facteurs indépendants : l'âge, le sexe, la taille, le poids, et la présence de diabète, sur la PEP était étudié, et la survenue de malabsorption était notée.
Résultats La PEP variait de 18% à 120% chez les malades ; les jeunes (moins de 50 ans) avaient une PEP supérieure aux plus âgés, les hommes avaient une PEP supérieure aux femmes, les diabétiques avaient une PEP supérieure aux non diabétiques, mais la différence pour ces trois facteurs n'était pas significative. La PEP était plus importante chez les malades avec une anse commune inférieure à 2m par rapport aux malades avec une anse commune supérieure à 3,5m et la différence était significative. La taille du malade inférieure à 172 cm était associée à une PEP plus importante par rapport aux malades plus grands et la différence était significative. Il y avait une corrélation linéaire entre la longueur intestinale et la taille des malades mais pas avec leur poids. Une malabsorption était observée chez 2 malades, ils avaient une anse commune inférieure à 2m.
Discussion Un excès pondéral après by-pass gastrique peut être dû à une anse commune longue responsable d'une PEP insuffisante. Les malades grands (>172 cm) avaient une anse commune très longue du fait d'un intestin grêle relativement plus grand, avec une PEP moindre. Une anse commune très courte serait une cause de malabsorption avec nécessité d'alimentation orale spécifique ou de reprise chirurgicale. D'autres facteurs peuvent influencer la PEP pour un même IMC et une même longueur intestinale, d'ordre fonctionnels ou moteurs, à évaluer en pré-opératoire. L'anse bilio-pancréatique pourrait être allongée chez les super obèses pour des facilités techniques.
Conclusion Une anse alimentaire constante de 2 m dans un by-pass gastrique serait une cause de la variabilité de la PEP à 2 ans. Une mesure de tout l'intestin grêle et la précision des proportions de l'anse alimentaire et de l'anse commune seraient préconisées pour espérer une PEP à 2 ans entre 50% et 100%. L'intestin grêle serait plus long chez les malades grands.
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