© SNFGE, 2007
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Incontinence anale chez l'homme : données cliniques, échographiques et manométriques
H. Damon, F. Léger, L. Henry, S. Roman, C. Martinella, X. Barth, J. Faucheron, L. Abramowitz, F. Mion

 Objectif

Bien que certaines études aient trouvé une prévalence identique de l'incontinence anale (IA) chez l'homme que chez la femme, notre observatoire ORALIA tend à démontrer que ce sont surtout les femmes qui consultent pour ce problème (base de données 776 patients, dont 88% de femmes). Les caractéristiques de l'incontinence anale (IA) chez l'homme sont mal connues. L'objectif de cette étude était de préciser les caractéristiques cliniques, échographiques et manométrique de l'IA chez l'homme.
 

 Patients et Méthodes

Dans l'observatoire ORALIA, 92 hommes présentant une IA ont été identifiés, adressés pour échographie endoanale (EEA). La gravité de l'IA était évaluée par le score de Jorge et Wexner (JW). Le retentissement sur la qualité de vie (QDV) était évalué par le score de QDV GIQLI. Une manométrie anorectale (MAR) était réalisée dans 68 cas (62.6%).
 

 Résultats

L'âge moyen était de 62±3 ans, l'ancienneté des troubles de 50±15 mois. Quarante quatre patients (47,8%) présentaient un antécédent de chirurgie colo-proctologique (CCP) : hémorroïdectomie (14%) ; cure de fissure (2,1%), fistulectomie (14,2%) résection colo-rectale (8,8%), divers (8,7%). Dix patients étaient diabétiques, 10 patients étaient sous traitement anti dépresseur. Le score de JW moyen était de 11±3. La fréquence des accidents d'IA était quotidienne dans 44% des cas. Dans 34% des cas l'IA était de type mixte à type d'urgences et de soiling. Le retentissement sur la QDV était important avec un score de QDV GIQLI moyen à 81±4,54 patients (87,1%) avaient un score de GIQLI <105. Seize patients (17%) présentaient un défect sphinctérien en EEA : 10 défects combinés du sphincter externe et interne (DSESI), 3 défects isolés du sphincter interne (DSI) et 3 défects isolés du sphincter externe (DSE). L'extension moyenne du défect était de 114±7 degrés (de circonférence) pour les DSI et de 93°±7 pour les DSE. Les antécédents de CCP étaient significativement plus fréquents chez les patients avec un défect échographique (94% (15/16) vs 38% (29/76) ; p = 0,0002). Dans le groupe avec défect la pression de repos était significativement plus basse (38±20 cm H2O vs 60±27 ; p = 0,0054). L'âge moyen, le score de JW, le score GIQLI étaient similaires dans les deux groupes. En comparaison avec la cohorte de femmes avec une IA répertoriée dans ORALIA, la prévalence des défects était moindre (47% chez les femmes, p<0,0001), et celle des atcd chir plus élevée (20 % chez les femmes, p = 0,0005).
 

 Conclusion

Notre étude confirme que les hommes consultant pour une IA ont des symptômes sévères, avec une importante altération de la QDV. Un atcd de chirurgie CCP est retrouvé dans près d'un cas sur 2, et les lésions sphinctériennes diagnostiquées en EEA sont presque exclusivement associées à ces atcd. La présence d'un défect sphinctérien échographique diminue la pression anale de repos, sans impact significatif sur la sévérité des symptômes.
 

 Mots-clés :
Côlon Et Anorectum
Pathologie Fonctionnelle Digestive
Pathologie Anorectale

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