© SNFGE, 2007
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

L'électrostimulation gastrique (ESG) soulage plus efficacement les vomissements réfractaires diabétiques ou idiopathiques que post-chirurgicaux
I. Le Blanc-Louvry, G. Gourcerol, A. Leroi, P. Ducrotté

 Introduction

L'ESG à haute fréquence est indiquée pour soulager des vomissements sévères résistant aux traitements prokinétiques, que la vidange gastrique soit ralentie ou non. Notre but était d'évaluer l'efficacité de l'ESG en fonction de l'étiologie des symptômes.
 

 Patients et Méthodes

25 patients, 12 diabétiques (Gr 1), 6 souffrant d'une atteinte gastrique idiopathique (Gr 2) et 7 opérés de l'estomac (gastrectomie partielle : 4, intervention antireflux : 3) (Gr 3) ont été équipés d'un pace-maker gastrique implantable après élimination d'une lésion organique gastrique et de symptômes liés à des troubles moteurs sévères. Les symptômes gastro-intestinaux, la qualité de vie (score GIQLI), la fréquence des vomissements (échelle de 0 à 4 : 0 = quotidiens, 4 = absents) et la vidange gastrique (VG) (temps de demi vidange de solides par le test respiratoire à l'acide octanoïque) ont été évalués avant et 6 mois après l'intervention.
 

 Résultats

Dans les 3 groupes, l'âge, le sexe des patients, la durée des symptômes et le nombre de patients ayant une VG normale avant l'intervention n'étaient pas différents. Le score GIQLI a été amélioré avec la ESG dans le gr 1 (66 vs 89, p<0,001) et le gr 2 (65 vs 90, p<0,02) alors qu'il n'était pas significativement amélioré dans le gr 3 (62 vs 78, p<0,1). Le score de vomissement était plus amélioré dans le gr 1 (0,8 vs 3,6) et le gr 2 (0,2 vs 3,2) (p<0,001) que dans le gr 3 (1,2 vs 2,3) (p<0,02). Le temps moyen de vidange n'a pas été modifié après l'intervention dans les gr 1 et 2 alors qu'il était significativement raccourci dans le gr 3 (256 vs 160 mn, p<0,02). Le système d'ESG a été explanté à la demande du malade chez 3 / 7 patients du gr 3 contre 0 / 12 du gr 1 et 1/6 du gr 2.
 

 Conclusion

Le résultat symptomatique à 6 mois de l'ESG est meilleur chez les patients souffrant de vomissements d'origine diabétique ou idiopathique que chez les malades ayant ces symptômes après chirurgie gastrique. Cette différence d'amélioration fonctionnelle contraste avec l'accélération de la VG seulement dans le gr 3. Ce résultat paradoxal suggère que le bénéfice symptomatique de l'ESG n'est pas lié à son effet sur la vidange gastrique.
 

 Mots-clés :
Pathologie Fonctionnelle Digestive
Dyspepsie
Stratégie Clinique

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