Le profil psychologique de l'enfant obèse a-t-il une influence sur l'efficacité de la prise en charge thérapeutique ? G. Bruneaux, M. Dreyfus, B. Dubern, P. Tounian
Introduction Les résultats de la prise en charge thérapeutique de l'enfant obèse sont décevants à long terme, en raison notamment de la difficulté de maintenir de manière prolongée la restriction énergétique imposée. Il est ainsi légitime de penser que le profil psychologique de l'enfant pourrait agir sur cette contrainte et influer sur l'efficacité du traitement. Le but de ce travail était de déterminer si les résultats de la prise en charge thérapeutique variaient selon le profil psychologique initial chez l'enfant obèse.
Patients et Méthodes 58 enfants (34 filles), âgés initialement de 11,5 ± 2,2 ans et ayant un z-score de l'IMC initial de 3,5 ± 1,0 DS ont été étudiés. Leur profil psychologique a été évalué par le test de Rorschach et a permis de classer les enfants en 2 groupes. Le groupe A comportait les enfants n'ayant aucun problème psychologique (n = 9) ou une simple immaturité affective (n = 16), et le groupe B ceux présentant une symptomatologie névrotique (n = 20) ou un trouble de personnalité (n = 13). Tous les enfants ont bénéficié de la même prise en charge thérapeutique avec conseils diététiques, incitation à l'augmentation de l'activité physique et suivi psychologique. Un effet favorable de cette prise en charge a été défini par une diminution du z-score de l'IMC d'au moins 10 %. Les différences entre les deux groupes ont été analysées par le test de Chi-2.
Résultats La comparaison de l'efficacité thérapeutique réalisée après 3 mois, 6 mois, 1 an, 2 ans, et 3 ans de prise en charge n'ont montré aucune différence significative entre les 2 groupes. La comparaison de chacun des 4 profils psychologiques entre eux n'a pas non plus révélé de différence significative.
Conclusion La structure psychologique sous-jacente d'un enfant obèse a peu ou pas d'influence sur l'évolution de l'obésité sous traitement.
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